Aller au contenu principal
Fashion

Iamisigo
La rencontre avec le spirituel

Par Luisa Nannipieri - Publié en mai 2021
Share
DR
DR

Plus que des collections, un manifeste : cette marque nigériane repense la mode à travers le PRISME DES CULTURES, des histoires et des traditions africaines.

DR
Chaque couleur utilisée par Bubu Ogisi envoie un message précis : le blanc renvoie à la joie et la pureté. DR

« LAND OF GODS », la terre des dieux. La designeuse derrière Iamisigo, Bubu Ogisi, n’a pas choisi le nom de sa dernière collection au hasard. Cette artiste éclectique qui gravite entre Lagos, Accra, Abidjan et Nairobi travaille toujours ses pièces à partir d’un concept créatif qui va bien au-delà d’une simple idée visuelle. Dans ses collections, entièrement réalisées par des artisans éparpillés sur le continent et à partir de matières premières locales, elle revendique et met à l’honneur les philosophies, les tissus et les techniques d’Afrique. Après avoir creusé le sujet de l’exploitation de la République démocratique du Congo avec « Chasing Evil », en 2020, elle s’inspire, pour les 16 modèles de cette nouvelle ligne, de la mythologie Yoruba et Edo et explore le concept de divinité. Le corps est un temple, un paysage spirituel et vital en mouvement constant, et il communique en s’habillant. Ses créations rendent donc hommage à la tradition du adaigho, l’habit porté par les hauts prêtres et prêtresses.

DR
Ses pièces sont réalisées par des artisans du continent et à partir de matières premières locales.DR

Chaque motif de la collection rappelle un élément votif ou cérémoniel, pensé pour lier le corps et l’esprit à travers une prière contemporaine. Et chaque couleur envoie un message précis : le rouge représente le sang, le feu, la provocation, le sacrifice et la violence, le noir renvoie au sentiment de honte, et le blanc à la joie et à la pureté. Lorsqu’elle crée une robe, Bubu Ogisi, qui aime travailler avec des matières non conventionnelles, emploie des couches chiffonnées en polyester recyclé, afin de symboliser l’abondance spirituelle. Pour une veste, il s’agit de plastique recyclé aux reflets miroitants, comme un plan d’eau, qui invite à entrer en transe et à se connecter avec l’au-delà. En accessoires, elle reconstitue avec des perles un symbole Edo, le Igha-ede, une croix accompagnée de cercles aux significations multiples, du partage du temps à la transmission d’un message spirituel. Et pour la touche finale, les chaussures, elle a signé un partenariat avec le Nigérian Kkerele, qui utilise du cuir écoresponsable de manière artisanale.

Dans la même rubrique

Les créations de Freddy Tsimba participent à une rencontre inattendue, entre passé et présent.

Publié en juin 2021

Dans son premier recueil de poèmes, J’abrite un secret, la Tunisienne explore avec finesse et intensité ses questionnements existentiels, son regard sur le monde, entre lyrisme et révolte sociale. Elle le défendra sur scène au Festival d’Avignon, au théâtre Le Verbe fou, du 11 au 18 juillet.

Publié en juin 2021

Avec ses tableaux colorés, la plasticienne et street artist originaire du royaume chérifien signe des oeuvres intrigantes et vivantes qui fleurissent diverses expositions collectives dans l’Hexagone.

Publié en juin 2021