Ibrahima Coulibaly
Mali
Souveraineté alimentaire
Ce syndicaliste paysan s'impose depuis les années 1990 comme l'un des chantres de la souveraineté alimentaire africaine, seule réponse durable aux chocs exogènes.
Agriculteur en polyculture-élevage et apiculteur, Ibrahima Coulibaly est l'un des pionniers ouest-africains du concept de souveraineté alimentaire. Fondateur de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali (CNOP), président du Réseau des organisations paysannes et de producteurs d'Afrique de l'Ouest (ROPPA), il défend l'agriculture vivrière familiale, premier employeur du continent, face à l'agriculture productiviste « importée » et à la monoculture, qui était largement absente en Afrique subsaharienne avant l'ère coloniale. Son rôle a été reconnu par les Nations unies, qui l'ont nommé en 2014 ambassadeur lors de l'Année de l'agriculture familiale. Il prône le développement de la souveraineté alimentaire avec une approche agroécologique, seul rempart efficace à long terme contre les chocs exogènes qui se succèdent – pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, blocage du détroit d'Ormuz… – et font valser les prix des céréales, des engrais et de l'énergie. Cette souveraineté passera notamment par l'appui aux cultures endogènes, résilientes face au changement climatique, et qui permettent aux familles paysannes de continuer à vivre de leurs terres. Le leader paysan déplore le manque chronique d'investissements dans la production agricole vivrière ouest-africaine et regrette l'importation de millions de tonnes de céréales. En cette année 2026, proclamée Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux par les Nations unies, Ibrahima Coulibaly défend également « la complémentarité entre agriculture et élevage », dans une perspective de transhumance transfrontalière, coordonnée et surtout apaisée – les tensions entre agriculteurs et éleveurs constituant un facteur de conflits dans la zone sahélienne.