Investissement : le risque souverain à la loupe
LE GRAND PUBLIC, en grande majorité, a commencé à entendre parler d’elles il y a deux ans, pendant la crise des « subprimes », puis à nouveau au mois d’avril dernier pendant ce qu’on a appelé la « crise grecque ». Elles, ce sont les trois agences de notation anglo-saxonnes leaders dans leur spécialité, Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s. Indépendantes, elles ont pour vocation de noter la solvabilité des entreprises, des États, des collectivités, ou d’évaluer le risque d’opérations financières. Dans l’affaire des subprimes, on a sérieusement douté de leur sincérité dans l’évaluation de tels produits financiers toxiques. La crise grecque a conduit à s’interroger de nouveau sur leur code de conduite. Comment estiment-elles par exemple les capacités d’un État à rembourser en temps et en heure un emprunt émis sur le marché ? On trouve la réponse dans un rapport intitulé « La Notation des États souverains en Afrique », diffusé en 2007, dans lequel l’agence Standard & Poor’s rappelle les dix thèmes qui lui permettent d’analyser un « risque souverain » : l’environnement politique, la situation économique, les perspectives de croissance, la flexibilité budgétaire, le niveau d’endettement des administrations publiques, les engagements hors bilan, la politique monétaire...