Jean-François Kouamé:
«Faire rayonner l’Afrique sur les terrains du monde entier»
Le label ivoirien Be Blessed affûte ses armes avec ambition pour devenir le numéro 1 africain des équipements sportifs et s’imposer parmi les plus grands. Rencontre avec un homme à la tête d’une entreprise qui mise sur le soft power, l’innovation et une production 100% locale.
Née en Côte d’Ivoire et portée par une ambition clairement panafricaine, Be Blessed s’inscrit dans une nouvelle génération de marques africaines qui entend reprendre la main sur l’économie du sport. Fondée sur une vision mêlant performance, innovation, mais aussi identité culturelle, la marque a progressivement élargi son offre, du matériel sportif à l’habillement complet. À l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), et avec la Coupe du monde 2026 en ligne de mire, l’entreprise accélère son développement et affirme sa volonté de s’imposer durablement sur les marchés africains et internationaux.
AM: Be Blessed, c’est quoi exactement? Racontez-nous votre histoire.
Jean-François Kouamé: Be Blessed, c’est d’abord une vision. Il s’agit de faire rayonner l’Afrique sur tous les terrains du monde. Nous sommes présents dans cinq grands domaines, à savoir le cardio, la musculation, les accessoires collectifs, comme les ballons, l’habillement complet – des survêtements aux chaussures, en passant par les sous-vêtements –, et enfin le matériel de terrain. Mais au-delà des produits, ce qui nous définit vraiment, c’est notre identité: Be Blessed est une marque qui se veut résolument africaine, née en Côte d’Ivoire, pensée ici, et véritablement destinée à rayonner partout.
Quelle place occupez-vous aujourd’hui dans le sport ivoirien?
Nous accompagnons aussi bien les professionnels que les amateurs, en leur proposant des équipements innovants, accessibles, et surtout de très bonne qualité. Notre mission est de soutenir le développement du sport en Côte d’Ivoire, en donnant à chacun les moyens de le pratiquer dans les meilleures conditions.
Comment vous êtes-vous préparés pour la CAN?
Nous étions en ébullition! Nous avons lancé une gamme de produits dérivés aux couleurs de la compétition pour les fans de football: casquettes, chaussures… Et nous sommes fiers de notre collaboration avec Wilfried Bony, ancien international de football. Nous sortons avec lui une paire de baskets baptisée WI 12 – WI pour ses initiales, 12 pour son numéro mythique en sélection. Ce modèle a été mis sur le marché au début de la CAN. C’est un symbole fort: un produit ivoirien, porté par une légende locale, pour célébrer le football.
Cette compétition est-elle une chance pour vous en matière de visibilité?
Bien sûr! Même si nous n’avons pas accès aux supports publicitaires officiels de la Confédération africaine de football, la distribution de nos produits lors de la CAN a boosté notre notoriété. Et lors de ces grands rendez-vous, l’engouement est là: les gens ont envie de porter les couleurs orange, blanc, vert.
Et pour la Coupe du Monde 2026, quels sont vos plans?
C’est notre deuxième gros dossier du moment! Nous prévoyons de nous rendre aux États-Unis pendant la compétition et d’y tenir des stands. C’est une véritable opportunité. L’objectif est de présenter Be Blessed aux passionnés de football qui se trouveront là-bas. La Coupe du monde est une vitrine planétaire: toutes les nations qualifiées, les millions de supporters, les fédérations, les professionnels du sport… Nous voulons saisir cette occasion unique pour toucher un public mondial, nouer des partenariats stratégiques et montrer que l’Afrique a sa place parmi les grands équipementiers internationaux.
Face aux mastodontes du secteur, quels sont vos principaux défis?
La capacité de production est le nerf de la guerre. Les géants du secteur ont des fonds de roulement colossaux, qui leur permettent de produire en masse et de couvrir le marché mondial. Nous jouons dans une autre catégorie pour l’instant. Mais nous ne restons pas les bras croisés. Nous sommes en train de construire notre propre usine en Côte d’Ivoire. Cela nous permettra d’augmenter considérablement nos volumes de production, de proposer une plus grande variété de produits, et surtout de rendre nos équipements plus accessibles grâce aux économies d’échelle. C’est le défi à relever pour rivaliser avec les mastodontes.
Mais vous avez aussi des atouts que ces grandes marques n’ont pas, n’est-ce pas?
Notre identité culturelle est notre force. Nous préparons des produits conçus spécifiquement pour le marché africain, qui s’inspirent de notre culture, de nos codes, de notre histoire. Les consommateurs du continent peuvent ainsi se reconnaître dans notre marque, s’identifier à elle. C’est un avantage énorme face aux labels étrangers qui, pour l’instant, trustent environ 90% du marché africain. Nous voulons inverser cette tendance.
L’innovation et la qualité comptent-elles vraiment pour vous?
Ce n’est pas négociable. Il s’agit de nos premiers postes de dépense quand nous concevons un produit. Nous ne pouvons pas espérer rivaliser avec les grands si nous ne mettons pas sur le marché des équipements à la fois innovants et d’une qualité irréprochable. C’est notre signature, notre engagement envers tous ceux qui nous font confiance.
Où voyez-vous Be Blessed dans cinq ans?
Dans cinq ans, nous serons leaders en Afrique. La marque numéro 1 du continent, sans discussion. Et à l’international, nous visons le top 5 mondial des équipementiers sportifs. C’est ambitieux? Oui. Mais c’est précisément ce qui nous fait avancer. Nous ne voulons pas seulement exister, nous voulons rayonner.