Aller au contenu principal
C'est comment ?

L’avenir en vert ?

Par Emmanuelle Pontié - Publié en mars 2020
Share

Côté protection de l’environnement, l’Afrique est forcément à la traîne. Les raisons invoquées pullulent : manque de volonté politique, absence de moyens, de formation, d’éducation, d’accès à l’énergie… Ou encore, on parle des freins traditionnels, comme la déforestation due à la coupe de bois de chauffe, etc. Lors des dernières COP, les pays du continent, moins pollueurs que les autres, demandaient des fonds, des aides et des soutiens dans ce domaine qui ne passionne pas les foules chez leurs électeurs, souvent bien empêtrés dans des soucis plus urgents, plus criards du quotidien, et peu enclins à se préoccuper des décennies futures. Et pourtant…
 
Depuis quelques années, on assiste à une évolution inattendue et plutôt rapide dans le secteur. Le Sénégal ouvre le plus grand parc éolien d’Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire vient de signer un énième protocole avec un pays européen afin de doubler ses énergies renouvelables d’ici dix ans et prévoit de réduire de 28 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. De même, le Cameroun annonce qu’il veut porter sa capacité en matière d’énergies renouvelables à 25 % pour 2030. La plupart des pays ont déjà opté pour le mix énergétique, qui se développe à la vitesse grand V, comme au Mali. À Lagos, une entreprise locale a levé 20 milliards de dollars pour l’électrification des marchés par panneaux solaires et stockage d’énergie sur batteries. Et des projets de smart cities sont lancés au Rwanda ou bientôt au Bénin.
 
Finalement, le continent décollerait-il en matière d’avenir vert? Fréquemment appelée « dernière frontière de la croissance » et vantée pour l’immense marché qu’elle promet, l’Afrique attire aussi, et de plus en plus, les investissements dans le secteur de l’environnement. Et il semble que le temps où l’on entendait des « analyses » du genre « Ah oui, l’Afrique a plein de soleil, mais ça coûte trop cher pour elle d’installer des panneaux » est en passe d’être révolu.
 
Les projets avancent, trouvent des financements, les gouvernements se retroussent les manches, s’informent, entrent dans la danse. Et si la tendance se confirme, ce sera une super bonne nouvelle pour l’avenir du continent et des prochaines générations. Ainsi qu’un excellent moyen pour claquer gentiment le beignet aux afro-pessimistes ronchons qui restent persuadés que l’on est condamnés à rater tous les trains qui mènent vers des lendemains meilleurs. 

 

Dans la même rubrique

Alors voilà, les vacances arrivent ! Chouette ! Je vois déjà les Africains fortunés rêver de leurs destinations habituelles : Dubaï, Paris, New York, Marrakech… Et se réjouir à l’idée de ne rien faire, loin des tracasseries locales du quotidien, des sollicitations incessantes de la famille proche ou éloignée, des réunions politiques interminables ou des chéries toujours plus capricieuses. Eh bien, justement, et si cette année, on changeait de braquet ?

Publié en juillet 2021

La lutte contre le Covid-19 est loin d’être finie, et dans le monde, et tout particulièrement en Afrique. Le continent, qui a su faire preuve de résilience et de responsabilité depuis mars 2020, reste phénoménalement fragile devant la pandémie. L’économie a été touchée de plein fouet. Une troisième vague, alimentée par le variant Delta, est en cours, notamment en Afrique australe et en Afrique de l’Est.

Publié en juillet 2021

Goma. Capitale du Nord-Kivu. RDC. Déjà, juste ces quelques mots, ça commence mal… Si on faisait un sondage mondial pour demander où ça se trouve, peu de gens seraient capables d’y répondre. En Afrique, on connaît bien. Depuis des années, Goma et ses environs sont le sinistre et incessant théâtre de conflits, violences, viols et déplacements de populations. Dans l’indifférence quasi générale. Fin mai, cerise sur le gâteau, le volcan Nyiragongo a fait irruption dans le paysage miséreux de la région. Dans la petite ville de Buhene, entre 900 et 2 500 habitations ont été englouties sous la langue de lave rocheuse du monstre géologique en éruption. Et près de 400 000 personnes ont dû quitter précipitamment la capitale régionale, baluchon sur le dos, vers des camps de réfugiés… que l’on promet d’aménager. En RDC et au Rwanda aussi. La Croix-Rouge et quelques ONG alertent, prédisent un drame humanitaire sans précédent.

Publié en juin 2021