Destination
L’aventure Kilimandjaro
Par
Émile Costard
Publié le 3 mars 2016 à 10h03
OBIE OBERHOLZER/LAIF-RÉA
C’est le fameux toit de l’Afrique avec ses neiges éternelles… Une ascension mythique avec un sommet à 5 895 mètres. Un voyage à la découverte d’un écosystème magnifique et fragile.
Vaste comme le monde, immense, haut et incroyablement blanc dans le soleil », écrivait Ernest Hemingway à son propos. Dominant la savane qui abrite une faune sauvage d’une grande diversité, le Kilimandjaro, ce cône parfait orné d’un dôme immaculé, avec ses neiges éternelles, qui culmine à 5 895 mètres, fascine l’homme depuis la nuit des temps. De la première expédition germano-autrichienne réalisée en 1889 par les explorateurs Hans Meyer, Ludwig Purtscheller et leur guide Yohani Kinyala Lauwo, aux hordes de touristes qui s’attaquent chaque année à ses versants, cette montagne sacrée s’est hissée au rang de sommet mythique. Situé dans le nord-est de la Tanzanie, à quelques kilomètres de la frontière kényane, le Kilimandjaro, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, est un massif composé d’un ensemble de trois volcans : le Shira (3 962 mètres), le Mawenzi (5 149 mètres) et le Kibo, surnommé « Uhuru » (« liberté » en swahili), qui culmine à 5 895 mètres.
Depuis des siècles, le peuple Chagga vit sur ses pentes fertiles où ils cultivent café, bananes, maïs et tubercules. Dans la région, 80 % de la population vit de l’agriculture. Aujourd’hui beaucoup profitent aussi du tourisme que génère l’alpinisme. Assis dans l’herbe sur les hauteurs de Mbae, un village situé au pied de la montagne, des porteurs chaggas refont le passé. Ignas Pita Mtui, le propriétaire du bar de cette bourgade, a ramené une caisse de bières et une boîte à chaussures remplie de vieilles photos. « J’ai travaillé comme porteur pendant dix ans, puis je suis devenu guide, raconte le quadragénaire en brandissant une photo de lui sur le toit de l’Afrique. Ici, tous les hommes ont au moins gravi une fois le Kilimandjaro en tant que porteur. »
Chaque année, 15 000 porteurs assistent les 40 000 touristes venus gravir ses pentes. Ils transportent sur leur dos le matériel nécessaire à l’expédition : nourriture, tentes et vêtements. Si leurs salaires dépendent en grande partie des pourboires laissés par les touristes, ils restent néanmoins attractifs comparés aux 2 euros par jour que rapportent les travaux agricoles. Bien qu’il s’agisse de l’une des ascensions les plus accessibles de la planète, une bonne condition physique reste nécessaire pour venir à bout du volcan à trois têtes. L’altitude, le froid et la longueur de l’effort empêchent près de 40 % des prétendants d’atteindre la cime de l’Uhuru. Les voies d’accès sont multiples et varient selon les niveaux. L’une des plus empruntées, la voie Marangu, surnommée route Coca-Cola à cause de sa fréquentation, permet de rejoindre le sommet en cinq jours. La piste Machame, un peu plus technique, est considérée comme l’une des plus belles. Cette boucle de 65 kilomètres et ses 5 000 mètres de dénivelé positif peuvent s’effectuer en sept jours. Forêts, paysages lunaires, désert volcanique et glacier, son ascension offre une diversité de paysages aux couleurs variées.
Avec des tarifs allant de 800 à 9 000 dollars par personne, ce site touristique est un business lucratif qui rapporte tous les ans près de 50 millions de dollars. Selon la Banque mondiale dans son rapport de 2013 intitulé « Le tourisme en Afrique », 28 % des revenus générés par ce tourisme profiteraient aux populations locales. Capitale de la région, la petite ville proprette de Moshi, qui compte 150 000 habitants, est desservie par l’aéroport Kilimandjaro International situé à une cinquantaine de kilomètres. C’est ici que de nombreux touristes dormiront avant et après leur ascension. Les agences de tourisme sont légion et des rabatteurs proposent des treks et des safaris bon marché. Moshi est aussi connue pour son rôle dans le commerce du café de la région.
Cependant, le célèbre volcan fait face à des menaces croissantes. Ses neiges éternelles fondent à cause du réchauffement climatique, alors que sa « conquête » attire toujours plus de randonneurs en quête d’exploits. Les légendes, elles, demeurent. Selon diverses sources, le guide de la première ascension de 1889, Yohani Kinyala Lauwo, serait décédé en 1996, à l’âge de 125 ans.
POUR UN SÉJOUR SPORTIF
Les bonnes adresses
HÔTEL MARANGU Sa vue sur le Kilimandjaro et les services proposés par cet établissement – guides chevronnés pour vous mener au sommet de l’Uhuru – font de cet hôtel l’un des musts de la région
- HÔTEL MARANGU Sa vue sur le Kilimandjaro et les services proposés par cet établissement – guides chevronnés pour vous mener au sommet de l’Uhuru – font de cet hôtel l’un des musts de la région. Il est également possible d’y organiser des départs de safaris : des guides en 4x4 sauront vous mener aux meilleurs spots pour y observer la faune remarquable de la savane. Enfin, le restaurant est réputé pour ses délicieux samosas. Rauya, Tanzanie. maranguhotel.com
- MOSHI FIFI’S CAFÉ Situé dans le centre-ville de Moshi, le Fifi’s Restaurant & Café est une franchise tanzanienne présente aussi à Arusha. Ce lieu agréable disposant d’une bonne connexion Wifi est idéal si vous souhaitez déguster un café produit dans la région. L’établissement propose une carte de plats faits maison à des prix raisonnables. Rindi Lane (Old General Tyre Building), Moshi.fifistanzania.com
- ARUSHA FAIR TRAVEL Parmi la multitude d’agences proposant des excursions sur le Kilimandjaro, certaines, peu scrupuleuses, réduisent les salaires de leurs porteurs pour faire baisser leurs coûts. Fair Travel est la première agence de voyages à but non lucratif. Les porteurs reçoivent un salaire fixe décent et les touristes sont invités à verser les pourboires en mains propres. res@fairtraveltanzania.com