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Business

La dette à nouveau une source d’inquiétude

Par Jean-Michel Meyer - Publié en mars 2021
La Zambie fait partie des pays qui ont fait défaut
La Zambie fait partie des pays qui ont fait défaut pour rembourser leurs créanciers en 2020. Ici, un marché à Lusaka, en août. MARTIN MBANGWETA/XINHUA-REA 

L’impact économique de la crise sanitaire fragilise et appauvrit les États, ce qui entrave leur capacité à rembourser leurs prêts. Le risque de surendettement menace.

En janvier, le Tchad a été le premier État d’Afrique de l’année à demander à bénéficier du moratoire sur le paiement du service de la dette, décidé par les pays du G20 en avril 2020 pour soulager les pays les plus pauvres, dont 40 africains, luttant contre la pandémie. Un dispositif reconduit jusqu’en juin 2021. Deux jours plus tard, c’était à l’Éthiopie, puis à la Zambie, de faire pareil. Ainsi que le Kenya, obtenant un report de paiement de 300 millions de dollars de sa dette. Le pays avait pourtant hésité à solliciter l’aide du G20, afin de « préserver sa cote souveraine et son accès futur aux marchés financiers internationaux », précisait à Bloomberg, le secrétaire au Trésor, Ukur Yatani. Des rééchelonnements, des restructurations, peut-être même des effacements partiels seront encore décidés cette année. Car la situation se dégrade. La Banque mondiale prévoit que la dette moyenne de l’Afrique subsaharienne atteindra de l’Afrique subsaharienne atteindra un sommet à 67,4 % du PIB en 2021, contre 56 % avant la crise économique. La situation au Ghana, en Angola, en République du Congo, au Gabon, au Kenya, au Cameroun, en Ouganda ou au Mozambique est suffisamment inquiétante pour faire craindre qu’un « tsunami de la dette » ne submerge le continent. « 16 pays africains, contre 11 en 2010, sont confrontés à un risque élevé de surendettement ou à une situation de détresse financière », détaille Yasmine Osman, économiste au département Afrique de l’Agence française de développement (AFD).

Face à la marge de manœuvre des États qui se réduit, le Fonds Monétaire International (FMI) évalue les besoins de financement extérieur à 1 200 milliards de dollars entre 2020 et 2023. Dont 890 milliards (environ 55 % du PIB) pour l’Afrique subsaharienne. Or, actuellement, il manque 345 milliards pour atteindre ce montant. « Comme une grande incertitude entoure les perspectives économiques et l’accès aux flux financiers, l’Afrique subsaharienne a peu de chances de pouvoir trouver des financements pour l’ensemble de ces besoins », s’inquiète le FMI. Les marchés redoutent que le cas de la Zambie ne se répète ailleurs. En novembre, le pays, dont la Chine détient 26 % de la dette extérieure, a fait défaut pour rembourser 120 millions de dollars à ses créanciers. En quasi-faillite, il a sollicité le FMI pour échapper à d’éventuelles actions en justice de ses prêteurs. Mais la suspicion domine. Les investisseurs occidentaux « sont susceptibles de rejeter les plans potentiels d’allégement de la dette dans les pays empruntant à la Chine, craignant qu’ils ne soient utilisés pour rembourser les prêts chinois », pointait dans une note, début février, Aleix Montana, du cabinet Verisk Maplecroft.

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