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Le village de pêcheurs de Betedoudon, à Grand-Lahou. NABIL ZORKOT
Le village de pêcheurs de Betedoudon, à Grand-Lahou. NABIL ZORKOT
Paysages

La diversité et l’urgence

Par Zyad Limam
Publié le 13 avril 2026 à 11h43
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Bienvenue dans un pays pluriel. Avec une soixantaine de groupes ethniques, des dizaines de langues, des paysages qui ne se ressemblent jamais. Un territoire de 322000 km2 qui abrite plusieurs Afriques à lui tout seul. Avec une diversité d’hommes, de cultures, de savoir-faire, de légendes et de mythes auxquels les Ivoiriens sont particulièrement attachés. Tout en se voulant «au-delà», ouverts sur le monde. Un melting-pot que l’histoire a parfois malmené, mais qui reste fondamentalement une force. 

De Korhogo à San-Pédro, de Man à Daoukro, tout change. Au nord, c’est le Sahel, les grandes plaines sèches, la lumière blanche, les manguiers et les mosquées en banco. À l’ouest, les montagnes, les cascades, la densité verdoyante des forêts classées. À l’est, la douceur des plateaux, les champs d’anacarde à perte de vue. Au centre, le cacao et l’immense cœur forestier – ou ce qu’il en reste: en un demi-siècle, la Côte d’Ivoire a perdu l’essentiel de ses arbres… Il y a aussi le rivage, au sud, bien sûr – 550 kilomètres de côte atlantique. Et, entre mer et terre, un trésor unique: les lagunes. Aby, Ébrié, Tendo, Tagba… L’un des systèmes les plus riches d’Afrique, qui abrite une nature rare, faune et flore, et des mangroves qui témoignent du temps qui passe. Un territoire lagunaire qui fait vivre près d’un demi-million de personnes. Ce trésor est menacé. La pression urbaine, la pollution, la surpêche, l’érosion côtière accélérée par le dérèglement climatique… Les lagunes souffrent, tout comme la forêt. Des associations, des chercheurs, des communautés riveraines, des entrepreneurs du tourisme durable se mobilisent. La société civile ivoirienne prend conscience de ce que signifierait la perte de ces écosystèmes uniques.