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La fin d'un monde ?

Par zlimam
Publié le 6 septembre 2011 à 21h01
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Ce n’est pas la fin du monde. Peut-être la fin d’un monde. Peut-être une opportunité. Il y a eu d’abord les révoltes et/ou les révolutions arabes. Elles ont mis à terre des régimes autoritaires que l’on croyait inébranlables. Des révolutions qui résonnent aux quatre coins de la planète. La Syrie en guerre civile. La Libye bombardée par l’Otan. Presque le chaos. Personne ne sait comment tout cela va finir. Au sud du Sahara, la pression sociale et le besoin de véritables avancées démocratiques poussent à nouveau les gens dans la rue. Les pouvoirs sont interpellés. On n’avait pas vu cela depuis les révolutions inachevées des années 1990. Et ça risque d’aller loin… Oussama Ben Laden, figure tout aussi mystérieuse que maléfique du 11-Septembre, créateur d’Al-Qaïda a été tué, en plein coeur du Pakistan par un commando américain. Pourtant, cette Amérique triomphante tient à peine debout. Elle annonce qu’elle va se retirer d’Irak et d’Afghanistan. Mais les deux guerres sont perdues de toute façon. Les États-Unis, à peine capables de s’entendre sur une réduction à long terme d’un déficit « staggering », terrifiant. Les États-Unis, hyperpuissance techniquement fauchée. À la merci de leurs créanciers. Qui quadruplent et quintuplent leurs budgets militaires et qui veulent sabrer dans leurs budgets sociaux. Peutêtre les signes annonciateurs du déclin de l’empire… Un « meltdown » du système financier n’est pas totalement à exclure. La crise de la dette menace la plupart des grands pays du monde. La Grèce a fait faillite, la zone euro est en danger. De toute façon personne n’a tiré les leçons du krach de 2008. Dans certains pays riches, ou supposés tels, un mouvement des « indignés » se structure. L’origine est « sociale », la cherté de la vie, la crise, le chômage… mais on perçoit aussi une remise en question globale d’un système inégalitaire, oligarchique, qui privilégie les rendements financiers et le profit au détriment du développement, de la construction commune. On va en entendre parler. Il y a eu le tremblement de terre qui a mis le Japon littéralement à terre. Et il y a eu Fukushima, symbole du cauchemar industriel et bureaucratique. On découvre une puissance dysfonctionelle, comme sans gouvernement, une puissance qui régresse. Un peu partout dans le monde, là où se trouvent des centrales, on conteste le dogme de l’énergie nucléaire. Sans savoir par quoi la remplacer. Ni comment inventer un monde plus propre, une économie durable. En Chine, deux trains à grande vitesse se sont percutés. Près de 40 victimes. Le réseau a été construit en un temps record. Le mythe du miracle techno-industriel permanent en prend un coup. Le black-out généralisé sur l’information, sur les causes de la catastrophe provoque une réaction indignée des citoyens, en particulier sur Internet. La richesse sans la transparence et un début de démocratie, ça ne va pas être facile… 22 juillet. Oslo. Norvège. Un pays presque modèle. Un croisé de l’extrême droite, « norvégien de souche », en guerre contre le multiculturalisme et l’invasion islamiste fait sauter une bombe en plein centre-ville et tue, de sang-froid, au fusil-mitrailleur, près de 100 jeunes rassemblés pour un séminaire politique, sur une petite île proche. On est frappé par le discours délirant et « structuré » du tueur. Frappé par la démesure sanglante. Frappé aussi par le malaise, la gêne des élites européennes (ça aurait été tellement plus simple s’il s’était agi d’un islamiste…). Leur incapacité à mettre des vrais mots sur l’énormité du crime, leur incapacité à dénoncer un discours extrémiste, xénophobe qui s’est banalisé tous les jours un peu plus. Il y a quelque chose de sombre dans ces démocraties « matures ». Prêt à surgir. Là, dans ces petits « paradis terrestres », il est temps de se réveiller.

Par  Zyad LIMAM