La mer et l'enfant
Un jeune Palestinien de Cisjordanie traverse illégalement Israël sans prévenir personne et voit la Méditerranée pour la première fois. Un regard d'enfant qui ne s'oublie pas.
Tourné en grande partie en arabe, The Sea avait été choisi pour représenter Israël aux derniers Oscars, provoquant la colère du gouvernement Netanyahou ! Produit par un Palestinien et réalisé par un Israélien, le film suit les pas du jeune Khaled, 12 ans, débarqué du car scolaire qui emmène son école à la mer, faute de permis en règle pour traverser l'État hébreu. Le lendemain, sans rien dire, il quitte la maison, dans son village près de Ramallah, un masque de plongée dans le sac. Son épopée clandestine vers les plages de Tel-Aviv, à 60 kilomètres de là, va lui faire découvrir des rues et des comportements très nouveaux pour lui, dans une société d'abondance bien loin de son quotidien précaire. Déjà confronté aux incursions israéliennes en Cisjordanie – il récupère les douilles des grenades abandonnées par les soldats de Tsahal –, le voilà en terre ennemie, sans en parler la langue. Tout passe alors par le regard, déterminé, les yeux grands ouverts. Quelques scènes montrent des rapports entre Juifs et Arabes d'une bienveillance insoupçonnée, mais une tension est palpable tout au long du film. Un petit miracle de cinéma israélo-palestinien, qui ne tombe pas pour autant dans l'angélisme.