La Saison Méditerranée,
c’est parti!
À Marseille s’ouvre une manifestation plurielle et originale, culturelle et politique, pour renforcer les liens entre les rives du pourtour méditerranéen.
Le président Emmanuel Macron l’avait dit en juin 2023, depuis le fort Saint-Jean: «L’unité de Marseille passera aussi par sa réconciliation avec la Méditerranée». Une réconciliation sociale et politique, qui ne peut pas se faire sans la culture. Trois ans plus tard, la cité phocéenne s’apprête à inaugurer la Saison Méditerranée, une grande manifestation pour célébrer «la richesse des liens exceptionnels qui unissent les populations de la Méditerranée […], la culture et l’innovation, les artistes, les jeunesses et les diasporas». Reprenant le modèle de la Saison Africa 2020, l’Institut français a mis en œuvre un programme ambitieux et pluridisciplinaire, qui proposera plus de 200 événements autour des défis et des enjeux de la Méditerranée contemporaine.
La manifestation a mobilisé une diversité d’opérateurs culturels, et se déroulera jusqu’au 31 octobre dans une soixantaine de villes, ainsi que dans les territoires ruraux de l’Hexagone. Elle résonnera aussi hors de France, notamment au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Égypte. Des initiatives sont prévues au Liban en octobre – si la guerre le permet…
Au cœur de la Saison, on retrouve Marseille, qui accueille la riche séquence d’ouverture du 15 au 24 mai. Sous le titre Arriver, Partir, Revenir, elle a été imaginée par la commissaire générale Julie Kretzschmar comme un rendez-vous populaire et festif, un temps fort de mise en réseau entre les rives. Déjà directrice des Rencontres à l’échelle, festival dédié aux artistes des Suds, elle a travaillé en dialogue étroit avec des personnalités internationales inspirantes: Geoliane Arab, Ahmed El Attar, Meriem Berrada, Mohamed Chabani, Seloua Luste Boulbina et Sofiane Ouissi.
Le résultat est une proposition articulée autour de cinq grandes thématiques qui traversent les sociétés méditerranéennes: les utopies spéculatives, les identités plurielles, les spiritualités contemporaines, l’histoire collective des migrations, la construction des récits. «J’aimerais, écrit-elle, que cette Saison soit un espace de rencontres pour imaginer, ensemble, un temps pour se confronter à nos histoires, nos désirs, nos engagements citoyens. Pour reconnaître dans les jeunesses méditerranéennes non seulement des héritières, mais des puissances du devenir.»