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GRAND NORD

Lamidats, des rites séculaires

Par François.BAMBOU - Publié en février 2016
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Les peuples des régions septentrionales ont su conserver leur culture au sein des royaumes.

La plupart des lamidats (territoires contrôlés par les lamidos) sont musulmans. Le plus réputé est celui de Rey Bouba, fondé en 1804 parBouba N’djidda. Courtisans, ministres, fils du village en quête de promotion dans l’administration, hauts gradés de l’armée se relaient chez les lamidos pour faire allégeance, demander des services, apporter des présents. Dans cette partie septentrionale du pays, outre leroyaume de Rey Bouba, les plus importantechefferies sont celles de Demsa, de Garoua et de Ngaoundéré. Le palais du lamido est une véritable forteresse protégée par des soldats dont la dévotion au roi peut conduire au sacrifice suprême. Une tradition héritée des guerres d’expansion entre les différents royaumes. Ici, la démonstration de puissance se fait avec des fantasias, ces parades de chevaux richement décorés et montés par des cavaliers.
La zone des lamidats est vaste : elle s’étire des hauts plateaux de l’Adamaoua jusqu’au lac Tchad, en passant par les plaines de la Bénoué, du Diamaré, et les monts Mandara. Les peuplements sont donc assez variés, chaque communauté ayant su forger son système de gouvernance. Autant de cultures qui se perpétuent encore aujourd’hui, puisque le nord du Cameroun a subi moins que d’autres régions l’influence occidentale, mais davantage les conquêtes islamiques.

CULTURE GUERRIÈRE
Ainsi, à Doré, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, le chef spirituel est le « wang doré », dont l’influence est comparable à celle du lamido. Le jour du Nouvel An pour les peuples tupuri, kéra et wina (cette année, le 16 octobre 2015) a lieu une fête, présidée par le wang doré Gagbelle Haoussala, qui passe en revue avec les chefs des villages vassaux les grands sujets politiques, économiques, juridiques et socioculturels, et rend ses décisions. Puis il égorge une douzaine de coqs pour appeler la rédemption. Suivent des incantations et danses rituelles pour rendre grâce des bonheurs de l’année écoulée et surtout pour prier afin que les prochaines récoltes soient abondantes. Les festivités sont aussi marquées par le gourouna, un rite de passage masculin dansé torse nu et muscles bandés.
De spectaculaires combats de bâtons, enfin, rappellent la culture guerrière de la communauté. Quelques semaines auparavant, le roi a envoyé ses soldats prélever une bête dans chaque élevage des contrées voisines. Une exigence à laquelle tous se plient sans rechigner.

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