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Techno

Le streaming musical pousse le volume

Par Jean-Michel Meyer - Publié en avril 2021
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Spotify a annoncés on arrivée dans 40 nouveaux pays du continent. DR

​​​​​​​La guerre planétaire entre Spotify et Apple Music ouvre un front sur le très prometteur marché africain. Mais les acteurs locaux n’ont pas dit leur dernier mot.

​​​​​​​Monte le son ! Après des débuts à un tempo plutôt lent en Afrique du Sud,au Maroc, en Égypte, en Algérie et en Tunisie en 2018, le leader mondial du streaming musical, Spotify, accélère son rythme d’implantation avec son arrivée dans 40 nouveaux pays, annoncée en mars. Du Kenyaà l’Angola, en passant par le Sénégal et la Côte d’Ivoire, les utilisateurs pourront écouter, sans téléchargement, de la musique en flux continu depuis la plateforme du géant suédois. « Le marché offre une grande opportunité de croissance, avec un potentiel de plus d’un milliard d’habitants à exploiter. Ce qui impressionne aussi, c’est la richesse des talents », note Angela Ndambuki, directrice Afrique subsaharienne de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI).

 


En augmentation de 22,9 % sur un an, pour atteindre 11,3 milliards de dollars en 2019, le streaming music a la représenté 56,1 % des revenus mondiaux de la musique enregistrée. Le continent suit la tendance. D’après l’IFPI, les revenus de la musique enregistrée en Afrique et au Moyen-Orient ont augmenté de 15,9 % en 2019,pour atteindre 101 millions de dollars. Et avec la commercialisation des smartphones moins chers, l’expansion d’Internet, des connexions plus rapides, l’essor du paiement en ligne, ainsi que l’explosion démographique attendue, les revenus du streaming musical en Afrique devraient s’élever à 493 millions de dollars en 2025.

Cette évolution n’a pas échappé à Spotify. Présent dans93 pays, avec 155 millions d’abonnés payants, il agira bientôt dans 178 marchés, avec l’offensive qui passe par l’Afrique. De son côté, son challenger, l’américain Apple Music, actif dans 167 pays, ne totalise « que » 70 millions d’abonnés payants à la fin 2019, selon le cabinet Counter point. En avril 2020, toute fois, la société a indiqué que sa présence sur le continent passerait de 13 à 38 pays.

Ces deux géants affrontent sur le continent des acteurs locaux ou déjà implantés. Comme Mdundo. comau Kenya, uduX au Nigeria, ou la start-up Boom play (filiale du chinois Transsion, deuxième fournisseur de smartphones sur le continent),qui affirme attirer 2 millions d’abonnés supplémentaires chaque mois. Voire MTN, au Nigeria, qui a lancé le service de diffusion en continu Music Time, qui représenterait 60 % des revenus de la filiale de l’opérateur. « Plusieurs défis attendent cette industrie, tempère Angela Ndambuki. Les lois sur le droit d’auteur doivent être claires et fournir des certitudes sur la manière dont la musique peut être utilisée légalement. »

Enfin, si le streaming peut promouvoir la musique africaine dans le monde, le risque existe aussi qu’elle soit aseptisée pour les standards internationaux. Sans compter que la société d’analyse Alpha Data a relevé que 1 % des 1,6 million d’artistes présents sur les plates-formes de streaming en 2019 avait capté 90 % des écoutes globales.

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