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Interview

Lëk Sèn : « Sur le Net, les gens jouent avec leur vie. »

Par Astrid Krivian Cédric Bouvier
Publié le 16 mars 2026 à 09h42
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Avec son reggae roots étoffé de sonorités ouest-africaines, ses messages pacifistes, spirituels et lucides, le chanteur et guitariste sénégalais, passé par le rap à ses débuts, trace une voie singulière depuis plus de 20 ans. Telle une puissante arme de conscientisation massive, son inspirant 7ème album Jèem (Jahsen Création, 2025) convoque l’unité africaine, la mémoire des ancêtres, les réalités de la jeunesse, entre espoir et désillusions. 
De sa voix profonde, grave, magnétique, dans le sillage des maîtres toasters jamaïcains, le reggaeman originaire de Ngor, village de pêcheurs, commune de Dakar, alerte sur les dangers des réseaux sociaux dans « Net bi ». Avec « Jèem », il interpelle les politiques sénégalais sur la situation très difficile des jeunes dans le pays, leur absence de perspectives qui les contraint à s’exiler au risque de leurs vies. Prônant le respect, l’humilité, la simplicité, à rebours du consumérisme, de la cupidité, de la célébrité – ce miroir aux alouettes, Lëk Sèn cultive dans « Ki Kan la » un retour aux sources, en harmonie avec la nature. En featuring avec le griot nigérien Jhonel et le rappeur togolais Elom20ce, son morceau « Tirailleurs » rend hommage aux soldats africains qui ont combattu pour la France lors des deux guerres mondiales, payant un lourd tribut, relégués dans l’ombre de l’Histoire.