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Restitution

Les rois sont de retour

Par Aimé Kalagadi - Publié en décembre 2021
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Le musée du quai Branly a exposé ces trésors royaux du 26 au 31 octobre dernier, avant leur restitution. SARAH MEYSSONNIER
Le musée du quai Branly a exposé ces trésors royaux du 26 au 31 octobre dernier, avant leur restitution. LÉO DELAFONTAINE/MUSÉE DU QUAI BRANLY-JACQUES CHIRAC 

Quelque 26 PIÈCES DU PATRIMOINE BÉNINOIS, prises de guerre datant de 1892, ont été rendues par la France à leur pays natal.

​​​​​​​AU TERME D’UN LONG VOYAGE dans l’histoire et à travers le temps, les fiertés dahoméennes vont se reposer pour un bon mois encore dans leurs caisses sécurisées. Les regalia de trois rois souverains (Béhanzin, Glèlè, Ghézo), enjeux d’une bataille diplomatique inédite, ont regagné le Bénin « pour notre bien, notre tranquillité, notre sérénité », a souligné Patrice Talon. Après leur long exil parisien, ils seront bientôt présentés au palais de la Marina, puis transportés au Fort portugais de Ouidah le temps d’édifier à Abomey le musée de l’épopée des Amazones et des rois du Danhomè, l’écrin ultime présenté comme le symbole de la nouvelle alliance culturelle franco-béninoise. D’ici là, peut-être auront-ils été rejoints par les oeuvres restées derrière, « le dieu Gou des métaux et de la forge, la tablette du fâ, l’oeuvre mythique du devin Guèdègbé, et beaucoup d’autres », comme l’a rappelé le président béninois devant Emmanuel Macron à l’occasion de la signature officielle à l’Élysée le 9 novembre. Manière de pointer que tout ne fût pas si facile, entre la demande de restitution refusée en 2016 par François Hollande, l’ouverture macronienne en 2017 à Ouagadougou, la pression maintenue par l’exécutif béninois, et enfin le rapport Sarr-Savoy de 2018 qui devait faire sauter tous les verrous.

La signature de l'acte de transfert a eu lieu en France, à l’Élysée, le 9 novembre, en présence des deux chefs d'État (au second plan), du ministre béninois du Tourisme Jean-Michel Abimbola et de la ministre française de la Culture Roselyne Bachelot (au premier plan). POOL/AFP
SARAH MEYSSONNIER/POOL/AFP

Offertes au musée d’ethnographie du Trocadéro entre 1893 et 1895, les prises de guerre du colonel Alfred Dodds auront connu un départ en fanfare en octobre, lors d’une semaine culturelle du Bénin au musée du quai Branly, conclue par un concert quasi liturgique de Sagbohan Danialou. Une opération gagnant-gagnant pour Paris et Cotonou, un « moment post-colonial » qui envoie des signaux au Nord comme au Sud, ici pour questionner l’attentisme, là pour aiguillonner les pusillanimes. Très à la manoeuvre, le diplomate Aurélien Agbenonci peut se féliciter d’avoir ouvert la piste avec ce premier épisode d’une série de restitutions de biens patrimoniaux au continent.​​​​​​​

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