Les talents de demain et le chemin de l'entrepreneuriat
Une nouvelle génération cherche à s'émanciper en créant ses propres emplois. Tourisme, formation et incubation, santé, numérique, alimentation, architecture… Rencontre avec des entrepreneurs déterminés, aux parcours inspirants.
Au fil des rencontres, une idée s'est imposée. Construire. Construire une marque, un réseau, une solution, un regard nouveau ou encore une signature. Construire, surtout, sa propre voie. À première vue, rien ne semble rapprocher Sarah Clavel, Imran Diarrassouba, Rory Assandey, David Diakité et Jean-Marie Assaf. L'une transforme des produits agricoles locaux, un autre rassemble des milliers de jeunes autour de l'entrepreneuriat, un troisième développe une solution de santé numérique, un quatrième invite à redécouvrir les richesses naturelles de la Côte d'Ivoire, tandis que le dernier imagine des espaces où l'architecture dialogue avec l'artisanat africain. Pourtant, derrière ces trajectoires singulières se dessine une même manière d'envisager l'avenir. Aucun d'eux n'a attendu que les opportunités se présentent. Tous ont choisi de les créer. Leurs histoires sont différentes, leurs secteurs aussi. Certains auraient pu poursuivre une carrière à l'étranger. D'autres étaient destinés à un métier bien éloigné de celui qu'ils exercent aujourd'hui. Tous évoquent aussi les doutes, les sacrifices, les difficultés de financement, les remises en question et les obstacles qui accompagnent souvent les débuts d'une aventure entrepreneuriale. Mais aucun ne considère ces difficultés comme une fatalité. Elles deviennent, au contraire, le point de départ d'un projet, d'une innovation ou d'une nouvelle façon de répondre aux besoins de leur époque. Cette génération d'entrepreneurs ne cherche pas seulement à créer des entreprises. Elle entend apporter des solutions concrètes, valoriser les ressources locales, faire évoluer les usages et participer, à son échelle, au développement de la Côte d'Ivoire. Qu'il s'agisse de l'agroalimentaire, de la santé, du tourisme, du design ou de l'accompagnement des entrepreneurs, tous partagent la même volonté : construire un projet qui dépasse leur propre réussite. À travers ces cinq portraits, nous sommes allés à la rencontre de femmes et d'hommes qui incarnent une nouvelle manière d'entreprendre. Une génération qui refuse d'attendre que l'avenir s'écrive tout seul et qui choisit, au contraire, de le construire. Pas à pas. Une idée, une rencontre, un projet à la fois.
David Diakité
Faire découvrir la Côte d'Ivoire autrement
Pour David Diakité, voyager n'implique pas forcément de prendre un avion. Il suffit parfois de quitter Abidjan pour découvrir une autre Côte d'Ivoire. Celle des cascades cachées, des forêts sacrées, des plages sauvages, des tortues marines ou encore des villages où le temps semble suivre un autre rythme. Une Côte d'Ivoire qu'il connaît bien et qu'il s'est donné pour mission de faire découvrir au plus grand nombre. Pourtant, rien ne le destinait au tourisme. Après un baccalauréat en comptabilité, puis une licence en finance, il imagine d'abord suivre un parcours plus classique. Mais très vite, quelque chose lui manque. Passionné de nature, de biodiversité et de voyages depuis toujours, il décide de reprendre ses études pour se spécialiser en développement de produits touristiques, avec une orientation en écotourisme. Un choix qui va changer la suite de son parcours. À mesure qu'il arpente le pays, un constat s'impose à lui : la Côte d'Ivoire possède un patrimoine naturel exceptionnel, mais encore largement méconnu. « On parle beaucoup du tourisme d'affaires à Abidjan, mais beaucoup moins des trésors que l'on trouve ailleurs dans le pays », observe-t-il. En 2020, il crée Deep Road Trip. Plus qu'une agence de voyages, c'est un projet qui ambitionne de faire redécouvrir la Côte d'Ivoire à travers sa biodiversité, ses paysages et son patrimoine culturel.
Là où beaucoup regardent encore vers l'extérieur pour changer d'air, lui invite à explorer ce qui se trouve parfois à seulement quelques heures d'Abidjan. Les débuts sont modestes. Ses premières excursions réunissent une quinzaine de personnes, puis une vingtaine chaque mois. Mais les vidéos qu'il partage sur Facebook et Instagram vont rapidement changer la donne. De plus en plus d'Ivoiriens découvrent, à travers ses images, des lieux dont ils ignoraient parfois l'existence. Le véritable déclic intervient lorsque les premières entreprises commencent à le contacter. « Elles nous disaient : “Nous avons vu vos vidéos. Nous ne savions même pas qu'il était possible d'observer des dauphins en Côte d'Ivoire. Nous voulons vivre cette expérience nous aussi.” » Le bouche-à-oreille fait ensuite le reste. Aujourd'hui, Deep Road Trip accompagne aussi bien des familles que des voyageurs en solo, des entreprises que des fondations, à travers des expériences sur-mesure, mêlant découverte, sensibilisation à l'environnement et immersion dans les territoires. Depuis peu, l'entreprise a également élargi son horizon, en proposant des circuits au Bénin, en Guinée ou encore au Sénégal, tout en restant fidèle à sa vocation : faire découvrir une Afrique authentique, loin des clichés. Comme beaucoup de jeunes entrepreneurs, David Diakité a longtemps dû porter plusieurs casquettes. Community manager, vidéaste, photographe, guide et organisateur, il apprend à tout faire avant de pouvoir constituer une équipe et former des collaborateurs partageant sa vision. Il doit également composer avec des infrastructures parfois insuffisantes et le manque de professionnels qualifiés – des défis qui l'obligent à s'adapter en permanence. Malgré ces difficultés, il reste persuadé que le tourisme représente l'un des plus grands gisements d'emplois du continent. Pour lui, cette industrie ne se limite pas aux hôtels ou aux agences de voyages. Elle peut contribuer à valoriser le patrimoine, à soutenir les communautés locales et à transformer durablement l'image du pays. Son ambition dépasse désormais les frontières ivoiriennes. Il rêve de faire de Deep Road Trip un tour-opérateur africain capable de proposer des expériences à travers tout le continent, des safaris d'Afrique de l'Est aux paysages du Fouta-Djalon, en passant par le désert marocain ou les sites historiques d'Égypte. À ceux qui souhaitent entreprendre, David Diakité adresse toujours le même conseil : se former, s'entourer des bonnes personnes et faire preuve de résilience. Car, selon lui, les plus beaux projets ne naissent pas d'un succès immédiat, mais de la capacité à croire en une vision et à continuer d'avancer, même lorsque le chemin paraît plus long que prévu.
Sarah Clavel
Transformer les produits d'ici pour créer de la valeur
Dès les premières minutes, une chose nous frappe chez Sarah Clavel : elle parle de son entreprise avec la même facilité qu'elle évoque les producteurs, les matières premières ou les habitudes de consommation. Pour elle, MANDO Foods&Co ne se résume pas à une marque de snacks. C'est avant tout une façon de porter un autre regard sur les richesses agricoles ivoiriennes et sur ce qu'elles peuvent devenir. Pourtant, rien ne la destinait à l'agroalimentaire. Formée à la finance, puis au management de l'innovation et des systèmes d'information à la London School of Economics, elle construit d'abord un parcours dans le conseil en stratégie, l'intelligence économique, la communication internationale et le développement d'entreprises. Une carrière prometteuse, qui lui offre une compréhension fine du monde économique. Mais au fil de ces expériences, une idée s'impose peu à peu. Observer les entreprises ne lui suffit plus. Elle veut construire. « J'avais envie de passer de l'analyse à l'action », confie-t-elle. Cette réflexion la conduit à reprendre, en 2024, MANDO Foods&Co, une marque créée quelques années auparavant. Son ambition est alors de lui donner une nouvelle dynamique, en développant des produits transformés à partir de matières premières locales, comme le manioc, le baobab ou encore le kinkeliba. Au-delà des produits, c'est toute une vision qu'elle défend. Pour Sarah Clavel, la Côte d'Ivoire ne manque pas de ressources ; elle doit surtout apprendre à mieux les valoriser. « Exporter des matières premières, c'est aussi exporter une partie importante de la valeur économique. » Transformer localement, explique-t-elle, permet non seulement de créer davantage de richesse, mais aussi de développer des savoir-faire, des emplois et des marques capables de s'imposer sur leur marché. Comme beaucoup d'entrepreneurs, elle découvre rapidement que les idées doivent composer avec la réalité du terrain. Financement, réglementation, développement des produits, distribution… Chaque étape apporte son lot de défis. Des obstacles qu'elle considère comme une école de l'entrepreneuriat plutôt que comme de véritables freins. Aujourd'hui, MANDO poursuit son développement dans plusieurs enseignes de distribution. Mais le plus beau signe de réussite, selon elle, reste la fidélité des consommateurs. « Le jour où les clients reviennent acheter nos produits, non pas parce qu'ils sont locaux, mais parce qu'ils les apprécient réellement, on comprend que l'on est sur la bonne voie. » À travers son entreprise, Sarah Clavel espère contribuer à faire évoluer toute une filière. Elle est convaincue que l'agroalimentaire représente un formidable terrain d'innovation pour les jeunes générations, bien au-delà de la seule production agricole. Marketing, finance, logistique, communication et innovation : autant de compétences qui trouvent leur place dans ce secteur en pleine transformation. Son ambition est désormais de faire de MANDO une référence du snacking en Afrique de l'Ouest, tout en participant à l'émergence de marques africaines capables de rayonner au-delà de leurs frontières. Une manière de montrer que créer son propre emploi, c'est aussi choisir de construire un projet qui profite à tout un écosystème.
Jean-Marie Assaf
Créer des lieux qui se vivent avant de se regarder
Pour Jean-Marie Assaf, un espace ne se résume jamais à quatre murs. Avant même de parler d'architecture, il parle d'émotions, de lumières, de matières et de la façon dont un lieu accompagne ceux qui l'habitent. « Un espace ne se construit pas seulement pour être vu, il se crée pour être vécu », résume-t-il. Une phrase qui dit beaucoup de sa manière d'aborder son métier. Architecte de formation, architecte d'intérieur, designer et maître en feng shui, il construit un parcours qui dépasse largement les frontières de sa profession. Après une licence, puis un master en architecture, il poursuit sa spécialisation en architecture d'intérieur, avec un intérêt particulier pour les boutiques-hôtels. Plus tard, un troisième master en feng shui vient transformer sa manière de concevoir les espaces. Désormais, l'esthétique ne lui suffit plus. Un projet doit aussi être harmonieux, équilibré et pensé pour le bien-être de ceux qui le vivent. De cette vision naît Maison Jean-Marie, un studio de création où l'architecture dialogue avec le mobilier, les luminaires, les objets d'art et même la mode. Il imagine un univers dans lequel chaque pièce prolonge la précédente et raconte une même histoire. Son inspiration, il la puise aussi bien dans la nature que dans les voyages, l'art contemporain et les cultures africaines. Il observe les gestes des artisans, la lumière qui traverse une pièce, les textures du bois, du bronze, du raphia, du rotin ou de la pierre. Des matières qu'il considère comme porteuses d'une mémoire et d'une émotion. « Je pense que ce sont justement les imperfections qui donnent une âme aux créations. » Cette recherche d'authenticité l'a progressivement rapproché du travail artisanal. Là où certains opposent tradition et modernité, Jean-Marie Assaf préfère les faire dialoguer. Ses créations revendiquent un ancrage africain assumé, mais toujours réinterprété dans une écriture contemporaine. Une manière de montrer que le savoir-faire du continent peut s'exprimer avec élégance dans les univers les plus actuels. Chez lui, le feng shui n'intervient jamais comme une touche finale. Il accompagne le projet dès les premiers croquis. Les circulations, la lumière, les proportions ou encore le choix des matériaux participent tous à un même objectif : créer des lieux aussi agréables à vivre qu'à regarder. Cette approche l'amène également à multiplier les collaborations avec des artisans, des artistes et des créateurs de mode. Pour lui, la créativité ne connaît pas de frontières. Architecture, design, mobilier et objets d'art peuvent raconter une seule et même histoire lorsqu'ils sont pensés ensemble. À travers Maison Jean-Marie, il souhaite aussi contribuer à faire évoluer le regard porté sur le design africain. Non pas en reproduisant les tendances venues d'ailleurs, mais en affirmant une identité nourrie par les savoir-faire locaux, les matières naturelles et une lecture contemporaine des racines africaines. Son ambition est désormais de développer son projet à l'international, de signer des hôtels, des résidences, des boutiques et de nouvelles collections. Mais au-delà de cette ambition entrepreneuriale, il nourrit un rêve plus personnel : que l'on puisse reconnaître une création Maison Jean-Marie au premier regard, sans même avoir besoin d'en lire la signature. Parce qu'au fond, Jean-Marie Assaf ne cherche pas simplement à dessiner des espaces ; il cherche à créer des lieux qui racontent une histoire, suscitent une émotion et laissent une empreinte durable dans la mémoire de ceux qui les habitent.
Imran Diarrassouba
Créer des opportunités en partageant les réussites
Parfois, une simple question change un parcours. Pour Imran Diarrassouba, elle se pose dans un amphithéâtre de l'Université d'Ottawa. Au fil des conférences organisées sur le campus, il voit défiler des dirigeants de grandes entreprises venus raconter leur histoire, partager leurs réussites comme leurs échecs et échanger avec les étudiants. Une expérience qui le marque. Très vite, une réflexion s'impose à lui : pourquoi ce type de rencontres est-il si rare en Afrique ? Pourquoi les jeunes devraient-ils s'inspirer d'entrepreneurs étrangers, alors que le continent regorge de femmes et d'hommes dont les parcours méritent tout autant d'être connus ? Cette interrogation ne le quittera plus. Après un bachelor en business international à l'Université d'Ottawa, puis un master à l'ESSEC Paris, il aurait pu poursuivre une carrière à l'étranger. Pourtant, il choisit de rentrer en Côte d'Ivoire, avec une conviction : les talents existent, les idées aussi, mais les jeunes manquent souvent d'accès à l'information, aux modèles de réussite et aux bonnes personnes. À 19 ans, il crée Golden Impact. Plus qu'une entreprise, il imagine une plate-forme capable de rapprocher entrepreneurs, institutions, entreprises privées et jeunes autour d'un objectif commun : favoriser le partage d'expériences et faire circuler les opportunités. « Il y avait un manque de représentation. Les jeunes avaient besoin de voir que plusieurs chemins peuvent mener à la réussite », explique-t-il. Pour lui, le défi ne réside pas uniquement dans le financement des projets. Il tient aussi au manque de connexions entre les différents acteurs de l'écosystème entrepreneurial. Beaucoup de solutions existent, mais elles restent encore méconnues de ceux qui pourraient en bénéficier. Golden Impact est né de cette volonté de créer un lieu où ces mondes peuvent enfin se rencontrer. Les débuts sont loin d'être évidents : convaincre des partenaires d'investir dans un événement consacré à l'entrepreneuriat n'a rien de facile. Beaucoup estiment que les jeunes sont plus attirés par le divertissement que par les conférences ou les masterclasses. « Nous pensions que ce n'était pas un problème de demande, mais d'offre. Les jeunes avaient envie de ce type de contenu, à condition qu'il soit pensé pour eux et qu'il réponde à leurs préoccupations. » Le premier événement réunit deux participants. Une fréquentation qui aurait pu décourager plus d'un entrepreneur. Lui choisit de persévérer. Six ans plus tard, Golden Impact rassemble près de 3 600 participants et attire des jeunes venus du Bénin, du Togo, de Guinée ou du Sénégal. L'événement s'est enrichi d'un concours de pitch, qui accompagne chaque année plusieurs entrepreneurs grâce à un financement et à un suivi destinés à accélérer le développement de leurs projets. Au contact de cette génération, Imran observe aussi une évolution des façons d'entreprendre. L'intelligence artificielle, les outils numériques et les nouvelles technologies occupent une place croissante, mais n'ont de sens, selon lui, que s'ils répondent à des besoins concrets. Agriculture, infrastructures, industries extractives… Les opportunités sont nombreuses pour ceux qui savent mettre l'innovation au service des réalités du terrain. L'ambition de Golden Impact dépasse désormais l'organisation d'un rendez-vous annuel. Imran souhaite développer des programmes de formation, faciliter l'accès au financement et accompagner davantage de jeunes tout au long de l'année, afin de prolonger l'impact de l'initiative et de continuer à faire grandir tout un écosystème. Lorsqu'il évoque son parcours, il revient à cette idée qui l'a poussé à se lancer. « On peut être les architectes du changement que l'on souhaite voir dans notre société. Nous avons commencé à deux. Aujourd'hui, des milliers de jeunes participent à l'événement. L'important est d'avoir une vision et d'oser commencer. »
Rory Assandey
Rendre les soins spécialisés accessibles à tous
Bien avant de créer une start-up de santé numérique, Rory Assandey a grandi au rythme d'une maternité. À Bécédi, dans la région de Sikensi, sa mère dirige pendant plus de vingt ans le centre de santé du village. Son père, lui, sillonne les pistes avec son camion pour conduire les femmes enceintes jusqu'à la maternité et convaincre les familles de faire confiance à une médecine encore mal connue. C'est au cœur de cette histoire familiale que naît, bien avant l'entreprise, une conviction qui guidera la suite de son parcours : chacun a un rôle à jouer au service de sa communauté. « Mes parents m'ont appris que nous avons tous la responsabilité de servir la communauté où Dieu nous a placés. » Des années plus tard, cette conviction prend une nouvelle forme. En 2023, Rory cofonde la Ruche Health, avec une ambition simple en apparence : permettre à toute personne, où qu'elle se trouve en Côte d'Ivoire, puis en Afrique de l'Ouest, d'accéder rapidement à un spécialiste de santé qualifié. Une réponse à un constat bien réel : les compétences médicales existent, mais elles restent souvent difficiles d'accès pour une grande partie de la population. Pour lui, la technologie n'est jamais une finalité. Elle est un moyen de rapprocher les patients des professionnels. Grâce à un assistant de santé basé sur l'intelligence artificielle, à la téléconsultation et à un réseau de praticiens vérifiés, la Ruche Health cherche à rendre l'accès aux soins plus simple, plus rapide et plus fiable. « Notre force ne réside pas seulement dans la technologie. Elle tient surtout à notre capacité d'écouter les patients et les praticiens pour améliorer constamment leur expérience. » Comme beaucoup d'entrepreneurs, il sait aussi ce que signifie prendre des risques. Quitter un emploi stable, investir une grande partie de ses économies personnelles, accepter plusieurs années d'incertitude et mettre une partie de sa vie entre parenthèses : il évoque ces sacrifices avec beaucoup de lucidité, convaincu qu'ils font partie du chemin. Aujourd'hui, la Ruche Health poursuit son développement. Plus de 350 000 utilisateurs ont déjà interagi avec son assistant de santé. Plus de 60 spécialistes répartis dans neuf pays ont rejoint la plate-forme, tandis que des milliers de téléconsultations ont été réalisées auprès de patients installés dans une vingtaine de pays. Pourtant, Rory préfère parler de confiance que de croissance. Le principal défi, explique-t-il, n'est plus seulement de développer une solution technologique, mais de faire évoluer les habitudes. Encourager les patients à consulter plus tôt, redonner de la visibilité aux professionnels de santé qualifiés et lutter contre la désinformation, devenue omniprésente sur les réseaux sociaux, sont désormais au cœur de sa mission. Profondément optimiste, il imagine une Côte d'Ivoire capable de devenir, dans les prochaines années, une référence régionale en matière de santé. Un pays où les médecins seraient mieux valorisés, mieux rémunérés et où chacun pourrait accéder plus facilement à un spécialiste, quel que soit son lieu de résidence. À travers la Ruche Health, Rory n'a pas seulement créé une entreprise. Il poursuit, avec les outils de son époque, un engagement transmis par ses parents : rapprocher les soins de ceux qui en ont le plus besoin. Une manière de rappeler que les plus grandes innovations ne naissent pas toujours d'une technologie, mais d'une histoire profondément humaine.