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Parcours

Les tonalités vives de Ghislaine Agzenaï

Par Fouzia Marouf - Publié en juin 2021
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« Je suis traversée par une philosophie de vie positive. »
« Je suis traversée par une philosophie de vie positive. » LAHBABI

AVEC SES TABLEAUX COLORÉS, LA PLASTICIENNE et street artist originaire du royaume chérifien signe des oeuvres intrigantes et vivantes qui fleurissent diverses expositions collectives dans l’Hexagone.

​​​​​​​Regard profond, gestes gracieux, Ghizlane Agzenaï retrace en détail la genèse des pièces aux tonalités vives qui ornent la 193 Gallery. Elles ont été réalisées lors d’une résidence en Normandie. Pensés au sein d’une riche palette de tons et de formes, le jaune et le rose éclatants dialoguent avec les autres couleurs, au fil de ses oeuvres qui lui ont permis d’imposer son style audacieux sur la scène du street art dans le royaume chérifien et en Europe. La plasticienne propose d’un tableau à l’autre des compositions colorées et joyeuses en quête d’un langage universel. Autant d’oeuvres déclinées en collages papier, toiles et puzzles en bois, qu’elle appelle « totems », faisant écho à son esprit bienveillant : « Je suis traversée par une philosophie de vie positive que je souhaite communiquer à travers mes oeuvres », précise-t-elle. Artiste cosmopolite, née à Tanger en 1988, elle grandit à Casablanca où son oeil pour les arts visuels s’aiguise dès sa prime enfance. « J’ai toujours été fascinée par l’univers des comics, les films de science-fiction. Je voulais créer de l’art urbain, car il est accessible à tous », confie-t-elle. Après de brillantes études de commerce et une classe préparatoire à Paris, elle met le cap sur Mexico en 2009, où elle vit durant un an, puis s’installe en 2011 à Londres pour y travailler dans une banque. Autodidacte, toujours animée d’un fort désir de création, elle ne quitte jamais son carnet de croquis et se forme seule à la peinture de retour dans la métropole casablancaise. Déterminée, passionnée, elle pose ses valises à Berlin en 2016, afin d’y côtoyer des artistes urbains. Elle se tourne vers l’abstraction géométrique à la suite d’une rencontre déterminante : un duo de street artists qui l’invitent à créer dans leur studio durant près d’un an. « J’ai affiné mon style au coeur d’une effervescence incroyable, grâce à des artistes extraordinaires au contact facile. J’ai adoré l’énergie communicative de Berlin », se souvient-elle. Ghizlane Agzenaï instille dès lors de nouvelles perspectives aux lignes de l’abstraction. Ses « totems » peints à l’aérosol sont découpés au laser et poncés avec soin. Forgés par un ébéniste, imbriqués dans un harmonieux jeu de couleurs pop, ils forment un captivant puzzle. Quant à ses toiles monumentales, elles font vibrer la couleur dans l’espace urbain. Entre 2018 et 2019, l’artiste trace les contours d’une abstraction exigeante en habillant différents murs à Rabat, lors du festival Jidar au musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, ou encore à Barcelone, Vigo et Paris. La richesse de son empreinte l’amène à réécrire une narration de la peinture abstraite. En avril 2020, elle crée la surprise en réalisant une performance en 3D, Emerge, projetée sur l’un des plus hauts immeubles de Casablanca. Suit en novembre l’exposition personnelle « Emerge Reloaded » à la Galerie 38. En 2021, fin mai, Ghizlane Agzenaï a participé à la Menart Fair, dans la maison de ventes parisienne Cornette de Saint Cyr. Du 10 au 13 juin, elle sera exposée à l’Urban Art Fair, à Paris, ainsi qu’au sein de l’exposition collective « Colors of Abstraction 2 », qui rouvrira ses portes à l’issue du confinement. La peinture est un médium qui permet à cette humaniste de parler au plus grand nombre. ■

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