Leyla Bouzid:
«Mon film est nécessaire et honnête»
Dans son troisième long-métrage, la cinéaste franco-tunisienne poursuit son exploration de l’intime traversé par le politique. Véritable récit d’émancipation, À voix basse met en scène une héroïne confrontée aux secrets de famille et aux normes sociales qui contraignent les corps et les désirs.
C’est un film pionnier, nécessaire, courageux, et remarquablement bien réussi. Dans son troisième long-métrage, À voix basse, la réalisatrice franco-tunisienne brise, avec une grande finesse, le tabou de l’homosexualité féminine dans une société arabe. Le pitch? Tunisienne établie en France, Lilia (Eya Bouteraa) se rend dans sa ville natale, Sousse, secrètement accompagnée de sa petite amie, pour assister aux funérailles de son oncle Daly. Disparu dans des circonstances troubles, ce dernier a vécu son homosexualité dans l’ombre. Confrontée aux secrets de famille, à cette transmission silencieuse, Lilia va enquêter sur les circonstances de sa mort. À la rencontre de jeunes victimes d’homophobie et face à sa mère (Hiam Abbass), qui ignore son orientation sexuelle, elle engage un cheminement vers une pleine acceptation de son couple et de son désir de faire famille hors des traditions, dans un pays où l’homosexualité est punie par la loi. Au sein de cette maison pleine de souvenirs d’enfance, où se...