Meiway: «Le zoblazo est un pont entre le passé et le futur»
Autrement connu sous les noms de professeur Awôlôwô ou génie de Kpalèzo, l’artiste ivoirien a voulu porter les musiques n’zima de son enfance et les traditions de sa culture sur la scène globale. Un projet mené comme une nécessité. Et une carrière qui traverse les générations. Entretien à Abidjan.
Impossible d’évoquer la musique ivoirienne sans entendre résonner la signature de Meiway, maître artisan d’un rythme devenu patrimoine. Depuis plus de trois décennies, il fait danser l’Afrique en portant haut les couleurs de la tradition ivoirienne, car lui ne s’est jamais contenté de suivre le rythme: il l’a créé. Figure majeure de la scène musicale, Meiway s’est imposé depuis plus de trente ans comme l’un des artistes les plus singuliers et les plus constants du continent. Né le 17 mars 1962, Frédéric Désiré Ehui grandit entre Abidjan et la ville côtière de Grand-Bassam, dans un environnement où la musique accompagne chaque moment: chants liturgiques, fanfares de quartier, cérémonies traditionnelles… Très tôt, il développe un rapport intuitif et presque naturel aux rythmes du sud ivoirien, qui constitueront plus tard le socle de son identité artistique. À la fin des années 1980, alors que la scène musicale locale se transforme et se diversifie...