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C'est Comment ?

Non au palu !

Par Emmanuelle Pontié - Publié en mai 2022
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Le 25 avril, c’était la journée mondiale de lutte contre le paludisme. L’occasion de faire le point sur un fléau majeur qui frappe en priorité le continent africain depuis des décennies, avec un lot de chiffres effarants, que l’on avait presque oubliés pendant les années Covid.

Mais ce fut surtout l’occasion de constater plusieurs embellies qui s’annoncent. Enfin. Depuis 2019, plus de 1 million d’enfants au Ghana, au Kenya et au Malawi ont reçu une ou plusieurs doses du premier vaccin antipaludique au monde : le RTS,S (ou Mosquirix). Il devrait rapidement être utilisé chez davantage de petits. L’Organisation mondiale de la santé estime que, déployé à grande échelle, le liquide pourrait sauver la vie de 40 000 à 80 000 enfants supplémentaires chaque année. Autre progrès majeur : la généralisation en Afrique depuis quelques années des campagnes de chimioprévention du paludisme saisonnier, ciblant les petits âgés de 3 à 59 mois, a permis de protéger 11,8 millions d’entre eux. Enfin, la distribution de moustiquaires imprégnées et les opérations de pulvérisation d’insecticides à effet rémanent se sont intensifiées. Car on dénombrait encore 241 millions de cas de paludisme dans le monde en 2020, ainsi que 627 000 décès. Et 95 % des cas et 96 % des décès ont eu lieu en Afrique. Principalement chez les enfants.

 

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Alors, certes, on se doute que Big Pharma s’investit avec moins d’entrain dans la recherche de solutions pour les patients issus de zones « pauvres ». Mais tout de même, on peut se demander comment de tels chiffres peuvent encore exister. Chaque pays d’Afrique accueille, depuis des décennies, des dons de moustiquaires traitées, à grand renfort de cérémonies de remerciement… Les vaccins, pour la plupart, sont mis à disposition par des organisations humanitaires mondiales, du type Gavi ou autres. C’est bien. Mais il faudrait peut-être que les gouvernements des pays concernés mettent la priorité absolue sur la question, primordiale, du palu, augmentent les budgets de leur ministère de la Santé, investissent eux-mêmes dans la recherche, prévoient des lignes budgétaires dédiées pour acheter, distribuer, soigner…

Cette maladie (due à un moustique !) peut facilement être éradiquée, tous les spécialistes le disent. En République centrafricaine, la malaria est toujours, et encore, la première cause de décès chez les enfants de moins de 5 ans. Il faut que ça s’arrête. Sans une volonté politique locale forte, le combat piétine et les progrès avancent à pas de fourmi. Alors, oui, il y a enfin un vaccin. De l’espoir. Mais il faut aller plus vite. Au nom des enfants d’Afrique.

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