Oser la tradition
Au Bénin, ABAh mêle modernité et héritage. Une démarche audacieuse, qui respecte la culture métissée du pays.
Soraya Akadiri et Spencer Ahounou, 27 et 28 ans, rêvaient de créer une marque de vêtements. Un peu par hasard, un peu par défi personnel aussi, ils imaginent et confectionnent ensemble trois pièces lors d’un voyage au Bénin en 2024. Leurs premières créations rencontrent un succès retentissant sur les étals du marché de Noël de Cotonou, au point qu’ils adoptent dans la foulée l’étiquette ABAh. Un acronyme qui signifie «père» dans certaines langues, et qui est un hommage à celui, décédé, de Spencer, un homme engagé au sein de la société béninoise.
Aujourd’hui basés entre Porto-Novo et Paris, les deux créateurs travaillent sur des collections capsules audacieuses, avec le soutien et les recommandations de leur communauté. Ils ont notamment demandé l’avis des revenants (egungun) quand ils se sont inspirés de la tenue des hommes pour créer le short en denim Avô Dédji, dont la structure reprend le mouvement avec lequel ils attachent le pagne: les broderies de sequins et de perles incrustées sur le tissu évoquent des parures cérémonielles qu’ils ne voulaient surtout pas banaliser.
C’est avec le même respect qu’ils ont imaginé Djagba, inspirée du bal masqué homonyme, une jupe blanche et structurée recouverte de tissus multicolores superposés et ornés de dentelle, qui virevoltent à chaque pas. Et l’un des logos minimalistes du label, composé de quatre marques verticales, rend hommage aux scarifications traditionnelles, propres à l’identité culturelle béninoise.
En attendant d’ouvrir leur boutique à Cotonou et de lancer leur site, ainsi qu’une sous-marque axée sur la vie quotidienne, ils ont récemment présenté une collection plus décontractée. Des pièces inspirées par les jeunes Béninoises expatriées qui rentrent en vacances au pays. Les Cotonou City Girls sont sûres d’elles, fières de leur culture et charismatiques, comme nous le rappellent les logos «La Guéparde» sur leurs T-shirts. Un hommage à l’équipe et à la bière nationale, mais surtout à l’instinct et à la force tranquille des filles de la diaspora. @abah.co
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