Paul Tourret: «Tirer un meilleur parti de la concurrence internationale»
Les conflits qui s’accumulent au Moyen-Orient depuis octobre 2023 ont conduit une partie du trafic maritime à éviter la région, en contournant le cap de Bonne-Espérance. Ce réaménagement n’a que moyennement profité aux ports africains, pour le moment. Le directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar), situé au port français de Saint-Nazaire, nous livre quelques clés de compréhension.
AM: La guerre au Moyen-Orient réoriente les transporteurs vers le cap de Bonne-Espérance. Est-ce une réelle opportunité pour les ports africains?
Paul Tourret: En réalité, le trafic maritime est déjà réorienté depuis la fin de l’année 2023, lorsqu’ont débuté les attaques des Houthis yéménites en mer Rouge [en soutien au Hamas palestinien, ndlr]. Avec la fermeture actuelle du détroit d’Ormuz, il ne faut pas s’attendre à un plein retour du trafic via la mer Rouge avant au moins un semestre… Les routes maritimes se mettent en place selon une logique de suivi des opportunités géographiques.
Comment les ports africains peuvent-ils pérenniser la hausse actuelle du trafic?
Cette réorientation du trafic n’a pas forcément encore profité aux ports du continent africain, mis à part Tanger Med, au Maroc, et Las Palmas, aux Canaries espagnoles. Car il n’existe pas, en Afrique...