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Plus de social, que diable !

Par empontie
Publié le 7 octobre 2011 à 15h55
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Crise économique mondiale ou pas, la plupart des pays africains en sont au même point. De Ouagadougou à Kinshasa en passant par Libreville ou N’Djamena, ils construisent. Des routes, des aéroports, des centrales thermiques… Au bout de ces chantiers, la promesse d’un quotidien meilleur pour les populations. Elles pourront écouler leurs marchandises, s’éclairer, avoir de l’eau potable. Certes, les grands travaux sont utiles, urgemment essentiels même. Pourtant, on entend partout dans les quartiers cette petite phrase récurrente : « Est-ce qu’on mange la route ? » Et les gouvernements de clamer qu’il faut être patient, que les infrastructures mettent du temps à sortir de terre, et que les retombées directes sur le bien-être des populations tardent encore davantage. Certes… Le problème, c’est que dans l’intervalle le pouvoir d’achat n’augmente pas, le taux de chômage galope, le panier de la ménagère s’amaigrit, les jeunes végètent. Les politiques sociales, de plus en plus urgentes en ces temps de crise généralisée, sont en panne. Pourquoi ? Est-il tellement difficile de booster la formation professionnelle pour que les jeunes trouvent un emploi ? Est-il impossible d’imaginer des systèmes de sécurité sociale ou de retraite qui fonctionnent ? Les maigres programmes dont s’occupent les ministères chargés de ces secteurs sont totalement insuffisants, et concernent 1 000 diplômés par-ci ou 500 autoentrepreneurs par-là… Pire, on entend souvent, et c’est justement ça que les populations n’entendentpas, que le bien-être social viendra après l’achèvement des grands chantiers. C’est là que le bât blesse. En quoi faut-il attendre qu’une route soit terminée pour que les jeunes trouvent plus facilement un emploi ? Dans les quartiers, on ne comprend pas. On pense, à juste titre, que les ministères de la Santé ou de l’Action sociale pourraient travailler plus dur en attendant que le ministère des Infrastructures ait bouclé ses grands plans. Une action de concert, quoi. Et qui apaiserait les tensions sociales, particulièrement redoutées en Afrique subsaharienne par les pouvoirs en place, en ces temps de « printemps arabe »… Et, d’ailleurs, il n’y a pas que dans les quartiers qu’on pense comme ça… Le développement doit être global, non ? Personne n’a dit que les infrastructures devaient précéder le bonheur au quotidien. Alors, messieurs les membres des gouvernements, faites un effort sur le social, et vous verrez que les populations patienteront mieux si elles constatent que ça bouge un peu dans le sens de leurs attentes…

Par Emmanuelle PONTIÉ