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Mode

Prêt-à-porter sans compromis

Par Luisa Nannipieri
Publié le 8 juillet 2026 à 12h40
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Colorées, bouffantes, étonnamment sérigraphiées et toujours puissantes, les créations d'Ezokhetho regardent le passé pour créer un présent audacieux.

La dernière collection du designer, « Mapetla Extension », rend hommage aux années 1990. EZRA QUA-ENOO
La dernière collection du designer, « Mapetla Extension », rend hommage aux années 1990. EZRA QUA-ENOO

Le Sud-africain Mpumelelo Dhlamini a choisi Paris et le défilé Africa Fashion Up pour présenter la dernière collection de sa marque Ezokhetho. Un mot issu de l'isiZulu, qui signifie « méticuleusement choisi comme étant le plus approprié par ceux qui nous ont précédés ». Pour le designer de 24 ans, l'un des quatre lauréats d'Afup, le premier voyage dans la capitale française est un rêve devenu réalité. L'occasion de travailler sur l'essence de la marque via le programme de mentorat et de poursuivre un travail de réflexion avec ses nouvelles créations.

« Mapetla Extension », du nom du quartier de Johannesburg où vivait sa grand-mère, est une collection qui mélange mohair et denim avec des tissus rayés et richement sérigraphiés. « Elle explore les années 1990 en Afrique du Sud : leurs couleurs, leur nostalgie, les bigoudis, la beauté de cette décennie. C'est un véritable hommage à cette époque. »

Body de la collection « Entathakusa ». EZRA QUA-ENOO
Body de la collection « Entathakusa ». EZRA QUA-ENOO
Collection « Zodwa », Pinstripe Suit. ASHTON BEPETE
Collection « Zodwa », Pinstripe Suit. EZRA QUA-ENOO
Mpumelelo Dhlamini. ASHTON BEPETE
Mpumelelo Dhlamini. ASHTON BEPETE

Depuis le lancement du label en 2021, Dhlamini a déjà sorti une dizaine de capsules et de collections de prêt-à-porter percutantes : « Les femmes investissent de plus en plus les domaines traditionnellement masculins. Autrefois, elles devaient adopter une apparence masculine pour y parvenir. Je souhaitais créer une mode qui exprime la puissance avec une perspective féminine. Des pièces colorées, à manches bouffantes, qui affirment leur personnalité et leur présence. »

Il tire son inspiration tant de la vie quotidienne que d'expériences très personnelles. En 2025, avec « Zodwa », il introduit ses premières créations homme, puisant dans l'esthétique des années 1980 et célébrant « l'amour noir » de ses parents. Avec « Entathakusa », à l'aube, il aborde le deuil et les nouveaux départs : les imprimés et les silhouettes jouent avec les contrastes et expriment la tension entre l'ombre et la lumière à travers des tons profonds et des teintes lumineuses, du bleu marine au marron, en passant par le bleu bonbon. L'introduction du faux cuir et de pièces plus classiques séduit celles et ceux qui ne se voient pas porter de la couleur, sans toutefois renoncer à s'affirmer.