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Profession « V.I. »

Par empontie
Publié le 5 mars 2012 à 00h17
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On connaissait les sapeurs congo- lais, affublés de fringues de marque, remontant la jambe de leur pantalon en s’asseyant afin que l’on visualise la griffe de leurs chaussettes ou retournant leur veste pour que chacun puisse admirer le label de leur costard. On connaissait aussi les femen camerounais, faiseurs de faux miracles ou multiplicateurs de liasses de billets devant la mine ébahie des gogos. Aujourd’hui, une nouvelle race d’embrouilleurs est née : les « V.I. » (sans « P », ce ne sont pas des very important per- sons, loin de là...).

Traduisez V.I. par « vendeurs d’il- lusions ». Ils sévissent principalement en Afrique de l’Ouest pour le moment et mettent leur talent d’es- croc au service de leur irrépressible besoin d’embal- ler les filles. On pourrait aussi les appeler des love escrocs. Leur truc : se faire passer pour quelqu’un d’autre afin d’arriver à leurs fins. Ils n’ont pas un rond, mais déploient des trésors d’imagination pour donner l’illusion d’être fortunés, patrons, puissants. Ils empruntent des tenues chics à des copains qui tiennent des boutiques de prêt-à-porter, et de jolies voitures à des potes garagistes ou à des oncles mieux lotis. Et, bien sûr, un peu de sous pour sou- doyer des complices censés les aduler devant la fille convoitée, les traiter en « grands quelqu’uns ». Le cinéma dure un soir, une semaine, jusqu’à ce que la jeune proie pense avoir trouvé le « gros taux » de sa vie et se laisse aller à l’intimité.

Le lendemain, le type a rendu vêtements et berlines, et s’évanouit dans la nature, numéro de tél aux abonnés absents. Les V.I. organisent même des paris entre eux. Sym- pa... Dans des sociétés où les signes extérieurs de richesse rendent les hommes irrésistibles aux yeux LES « VENDEURS D’ILLUSIONS » METTENT LEUR TALENT D’ESCROC AU SERVICE DE LEUR IRRÉPRESSIBLE BESOIN D’EMBALLER LES FILLES. C'EST COMMENT ? PAR EMMANUELLE PONTIÉ des jeunes femmes, ça marche. Bien fait pour elles, pourrait-on dire, si leurs critères de séduction sont tellement... simples! Mais, tout de même, déployer autant d’énergie juste pour une love affair de pas- sage, pour le fun quoi, c’est étonnant, non? Et on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’il y a là un certain plaisir au dédoublement du moi, à jouer le rôle d’un autre, tout simplement.

Ailleurs, on connaît les faux hommes d’affaires qui s’échinent à attirer des parte- naires dans leur business afin de se faire de l’argent. Il y a presque un « vrai » but, lucratif, un calcul sur le long terme. Mais les V.I., c’est uniquement pour le plaisir. Alors, mesdemoiselles, vigilance ! Ouvrez l’œil. Votre nouveau chéri est peut-être un « vendeur d’illusions » d’un soir. Une « loveuse » frivole mais informée en vaut deux ! .

Par Emmanuelle PONTIÉ