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RIEN À DÉCLARER ?

Par empontie
Publié le 7 octobre 2013 à 14h43
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UNE JOYEUSE AFFAIRE ANIME LE LANDERNEAU FRENCH depuis le 20 septembre dernier. Le ministre de l’Intérieur se réjouit de la plus grosse saisie de drogue (1,3 tonne de cocaïne!) sur l’Hexagone. La compagnie aérienne nationale, elle, est dans ses petits souliers et dit enquêter sur « d’éventuels dysfonctionnements ». Tu m’étonnes! Trente et une valises bourrées de schnouff ont embarqué en fret, enregistrées au nom de nobody, sur un vol qui reliait Caracas à Paris. Et la moitié d’entre elles était déjà en train de filer par route vers le Luxembourg au moment où la police a arraisonné la marchandise. Sûr, l’histoire fera l’objet d’un thriller palpitant dans quelques années... Énooooorme! Sacrément gonflés les petits malins qui ont monté le coup, même s’ils ont perdu autour de 240 millions d’euros, valeur estimée de la coke si elle avait été vendue au détail en Europe. Et bravo pour les complicités évidentes des deux côtés. Venant d’une des capitales mondiales du trafic de poudre, on ne s’étonne pas trop. Mais que ça embarque, débarque et qu’une partie soit déjà sortie de l’aéroport, c’est du grand art. Orchestré par d’évidentes complicités françaises, du personnel de la compagnie aérienne jusqu’aux autorités de l’Hexagone.

À l’heure où vous lirez ces lignes, on peut supposer que les coupables seront à l’ombre. Mais, tout de même, on ne peut pas s’empêcher de sourire un peu. Sur les lignes africaines, le personnel de la compagnie française nous rebat assez les oreilles sur le « tout-sécurité » et pinaille non-stop sur des choses hyperimportantes. Qui n’a pas été contraint à Ouaga de prendre un coup de chaud sur le tarmac pour reconnaître son bagage avant qu’il soit embarqué en soute? Qui n’a pas subi deux heures de retard au décollage parce qu’un passager ayant enregistré une valise ne s’est pas présenté à l’embarquement? Et là, pouf, une trentaine de valises anonymes embarquent au nez et à la barbichette de toute une brigade estampillée de badges rouges AF. Il y a quand même de quoi rire un peu... Je ne sais pas vous mais, moi, la prochaine fois que le peloton Air France qui fouille les sacs à main avec des mines de policiers assermentés sous les tropiques me pique une pince à épiler à Libreville ou un briquet à Cotonou, je risque d’éclater de rire. Pas vous?

Par Emmanuelle PONTIÉ