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SAINT-VALENTIN OBLIGE ?

Par empontie - Publié en février 2015
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Le 14 février. Une date qui devrait être synonyme d’amour et de volupté, le doux moment où les vrais amoureux sont censés renouveler leurs déclarations enflammées. Assorties ou non d’un présent. Alors, comment se fait-il que sous les cieux africains, et notamment en Afrique centrale où l’amour effréné des marques et autres symboles d’opulence ou de coquetteries coûteuses culmine à son paroxysme, cette petite fête au départ bien sympathique se transforme neuf  fois sur dix en délire total chez les femmes voire en enfer absolu chez les hommes ? De longs mois avant la date fatidique, les filles s’affolent : « Moi, il a intérêt à m’offrir ça ! Et pas le truc de l’année dernière ! Sinon, ça va chauffer. D’autant que je sais qu’il a offert ceci à celle-ci ! Ça m’a énervée  ! » Et de choisir ce qu’il y a de plus cher, et de passer commande, et de menacer, et de chouiner… Côté mecs, dont les cœurs d’artichauts sont bien connus, les listes s’accumulent… Le dernier sac machin, le nouveau téléphone bidule, le bijou truc. Voire le voyage, la voiture, la maison… Un cadeau pour ma femme, l’autre pour mon premier bureau, mon deuxième bureau, pour cette petite avec qui j’aimerais bien remettre le couvert, ou celle-ci que je rêve de conquérir… Bref, la pression augmente en fonction du jour qui approche et, bien entendu, selon le taux du « séductomètre » de monsieur. Des potes se prennent carrément la tête dans les mains, se demandent comment ils vont assurer… Craignant de perdre une ou deux de leurs gazelles à cause de la dictature mercantile qu’impose de plus en plus cette sacrée Saint-Valentin. Certains vont même jusqu’à s’endetter pour faire face. Un vrai drame. À qui la faute ? Trois responsables, évidemment : les mecs qui multiplient les liaisons, sans en calculer le coût… Les pubs et autres pousse-au-crime à la consommation dont usent et abusent les marques pour vendre au max, en jouant sur la faiblesse des amoureux. Les filles enfin, qui tombent dans le piège, et en font une véritable affaire personnelle. Comme si la Saint-Valentin était devenue le moment phare où l’on va pouvoir mesurer l’intérêt que son homme porte vraiment sur sa petite personne, en comparaison jalouse avec les autres femmes de sa vie. À mon avis, faudrait quand même se calmer, et savoir raison garder, même si, on le sait, amour et raison n’ont jamais fait bon ménage… Mais, là, franchement, ça devient du pur business. Et bien peu glorieux. Car on peut se demander où se trouve l’amour dans tout ça. Espérer un simple supermes-sage sincère et enflammé devrait suffire, non ? Et laisser au conjoint la liberté de faire un cadeau ou pas serait pas mal aussi, non ? Ça montrerait peut-être que la valeur de l’amour dépasse celle de l’envie (vénale, évidemment…). Bonne fête quand même aux amoureux, aux pauvres comme aux riches !

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