Samira El Ayachi:
«Je transgresse par l’écriture»
Dans son nouvel ouvrage, l’autrice décrit le parcours et la vie des femmes arrivées en France par la politique du «regroupement familial». Qui sont ces «révolutionnaires ignorées»? Pour répondre à cette question, elle convoque la figure de Madame Bovary dans un roman fragmenté, où l’intime, la transmission générationnelle, la littérature et la mémoire forment une ronde éloquente.
Enfant, elle passait ses journées à la bibliothèque municipale, tel un refuge en ces jours de pluie fréquents dans le nord de la France, près de Lens, au sein du bassin minier. Pour Samira El Ayachi, la littérature est une fenêtre sur le monde, une voie pour s’extraire du déterminisme social, mais aussi, plus tard, un outil pour raconter les parcours migratoires de son territoire. Elle revendique une filiation avec l’écrivain Émile Zola, qui avait dépeint la vie des mineurs de cette région au XIX e siècle: comme l’auteur de Germinal, elle défend un certain réalisme, prête attention à la vie des gens, à la violence d’un système face auquel ils vont toutefois tenter de conquérir leur liberté. Après avoir signé trois romans, elle initie un cycle, «Ce qui nous relie: Histoire(s) de réparations en partage», afin de combler les récits...