Seydi Ba:
«Les gens n’ont pas l’habitude de voir
un avocat noir»
Comment plaider contre le racisme, le sexisme, le classisme dans des tribunaux en étant soi-même marqué par le poids des préjugés? Fort de son jeune âge et de ses idéaux, cet avocat de 31 ans convoque dans un premier essai passionnant l’intime et le politique, pour donner à voir la complexité de son métier. Et livre un témoignage essentiel sur la justice vue de l’intérieur.
Né d’une mère sénégalaise et d’un père sénégalo-mauritanien, l’avocat pénaliste français Seydi Ba, 31 ans, grandit à Montargis (Loiret). Son métier est une vocation. Très jeune déjà, face aux discriminations qu’il subit, du fait de sa couleur de peau, de ses origines sociales, et en réaction aux situations injustes que vit son entourage, il prend la parole, développe une repartie, mû par une indignation viscérale. Dans les séries et les films états-uniens, tel Le Droit de tuer?, le personnage de l’avocat le fascine – sa prestance, sa rhétorique, son talent oratoire pour capter l’auditoire et dénoncer les injustices. Inspiré aussi par les illustres Gisèle Halimi et Jacques Vergès, il poursuit ses études supérieures à Paris, tout en jonglant avec des petits boulots – c’était «réussir ou disparaître». Diplômé d’un master en droits africains et...