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Folk

Shungudzo
Chanteuse aux mille vies

Par Sophie Rosemont - Publié en juillet 2021
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​​​​​​​À 31 ans, l’Américano-Zimbabwéenne sort son premier ALBUM au titre éloquent.

BACKYARD SHOOT - DR
BACKYARD SHOOT - DR

​​​​​​​C’EST ALICIA KEYS qui l’a remarquée lorsqu’elle était étudiante à l’université Stanford. Puis Jessie Ware ou Yuna ont fait  appel à ses talents de songwriteuse. Aujourd’hui, Alexandra Govere, alias Shungudzo, sort un premier album remarquablement orchestré et chanté, et s’impose comme une folkeuse contemporaine : « Et pourtant, à cause de la couleur de ma peau, j’ai dû me battre pour que l’on l’accepte ! Ma mère, qui a grandi en Amérique, adore la musique folk. Des artistes comme Bob Dylan, Crosby, Stills, Nash and Young ou encore Tracy Chapman ont été mes premiers amours, pour leur engagement lié à leur poésie. » Ainsi, sa musique est « sociopolitique », singulière et engagée : « Qu’ils soient contre le gouvernement, la météo, leurs partenaires amoureux, leurs corps qui se détériorent dans le miroir, les humains sont intrinsèquement des protestataires, explique-t-elle. La plupart d’entre nous sont même nés en pleurant ! Cela effraie presque les gens de s’affirmer activistes, alors que c’est l’une des choses les plus naturelles que nous puissions faire. » D’où I’m Not A Mother, But I Have Children, un album nourri de protest songs, qui rappelle à quel point nos vies valent plus que ce que nous proposent nos gouvernements.

SHUNGUDZO,I’m Not A Mother, But I Have Children, BMG.
SHUNGUDZO,I’m Not A Mother, But I Have Children, BMG.

Née à Hawaii en 1990, Shungudzo a grandi entre deux continents, l’Afrique et l’Amérique du Nord, et a cofondé jeune adolescente une association venant en aide aux enfants orphelins à cause du sida. En 1999, elle a été la première gymnaste noire à représenter le Zimbabwe aux All-Africa Games. Une expérience qui l’influence encore en tant qu’artiste : « J’y ai vécu la concurrence et le racisme, mais le sport m’a appris la discipline et la volonté de persister malgré les échecs. À la fois dans l’art et dans la vie, j’en ai gardé l’idée que chaque obstacle est une opportunité. Je pleure beaucoup quand je me plante. Mais je me lève et réessaye ! » Bien qu’installée à Los Angeles, elle n’a pas oublié ses racines africaines : « Les années que j’ai passées au Zimbabwe m’ont permis de développer mes boussoles morales, spirituelles et créatives, mes guides les plus fiables tout au long de ma vie. Même quand je les ai ignorées, elles ne se sont jamais trompées. »

 

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