Souleymane Bachir Diagne: «J’appelle de mes vœux un dialogue des cultures»
Dans son nouvel essai, le philosophe s’intéresse au projet du musée du Louvre, institution «à vocation universelle» qui entend réunir les chefs-d’œuvre du monde entier pour l’instruction de tous. Mais comment les pièces venues d’ailleurs s’y sont-elles retrouvées? Peuvent-elles cohabiter avec d’autres? Et comment participent-elles d’une mise en réseau globale?
L’art, l’universel, la traduction comme source d’échanges entre les cultures font partie, entre autres, des champs de réflexion de l’éminent philosophe sénégalais, professeur à l’Université Columbia de New York. Parmi les ouvrages de son imposante bibliographie, on peut citer En quête d’Afrique(s): universalisme et pensée décoloniale, coécrit avec Jean-Loup Amselle (Albin Michel, 2018), Léopold Sédar Senghor, l’art africain comme philosophie (Riveneuve, 2007), ou Comment philosopher en islam? (Philippe Rey/Jimsaan, 2013). Son nouvel essai, Les Universels du Louvre (Albin Michel/Musée du Louvre, 2025), intervient à la suite du cycle de conférences qu’il a donné à la chaire de ce musée en 2024. Accompagnant la refonte du pavillon des Sessions – où se trouvaient des œuvres d’Afrique, d’Océanie et des Amériques – en Galerie des cinq continents, Souleymane Bachir Diagne analyse avec acuité les enjeux contemporains de l’institution muséale pour forger le dialogue entre les civilisations – vers un universel «latéral», débarrassé...