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Ton terrain, ma parcelle !

Par empontie
Publié le 18 février 2011 à 18h45
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On acquiert des terrains vendus plusieurs fois, on construit sur des parcelles qui ne vous appartiennent pas, on loue à des pauvres illettrés en triplant le loyer du jour au lendemain. Tout ça en toute impunité, au mépris des lois existantes et jamais appliquées. On se souvient de ce député, quelque part en Afrique centrale, qui s’était accroché à une grue géante venue démolir ses maisons rutilantes. L’État, tout à coup, avait décidé de faire déguerpir les habitants et de casser leurs logements, parce qu’ils étaient construits sur une zone interdite… à la construction. Chacun brandissait des titres de propriété octroyés abusivement par des fonctionnaires véreux…

Autre cas typique, des faux héritiers viennent s’emparer d’un bien immobilier en menaçant les locataires, qui tentent d’avoir gain de cause au tribunal, trop pauvres pour graisser la patte à leur avocat. Sans parler des terrains non construits, occupés par un quidam sans gêne qui ne veut bouger sous aucun prétexte. Ou encore des vrais locataires qui ne paient pas et ne partent jamais. Ou, pire, des « diaspo » qui rentrent au pays récupérer un bien hérité, totalement et définitivement annexé en leur absence. Bref, des drames en tout genre s’ensuivent, les dossiers traînent, s’oublient, s’autodétruisent.
La plupart du temps, devant l’ampleur de la tâche, les pouvoirs publics s’endorment sur les cas litigieux, complexes, embrouillés. Ils bougent parfois un stylo lorsque le lésé accepte de les « motiver » en leur versant un dessous-de-table. Et ainsi continue la chaîne infinie de la petite corruption au quotidien, qui évolue au nez et à la barbichette des lois ou de tout cadre juridique.

Pas une famille n’est épargnée, de près ou de loin, par le joyeux casse-tête africain des terrains et des parcelles. Tout le monde le sait, tout le monde le vit, et personne ne lève le petit doigt. Curieux. Il doit bien y avoir des départements ministériels, comme ceux qui sont en charge du logement par exemple, qui sont définitivement partis en vacances, non ?