Tourisme or not tourisme ?
Juillet. Les grandes vacances commencent. Certains choisiront notre continent comme destination. Et là, on distingue deux Afrique. Désolée de le dire, mais les Anglo-Saxons sont bien plus pros. À Johannesburg ou Nairobi, on trouve des hôtels sublimes, avec un service impeccable. Accueil, rapidité, qualité, service plus… Chez les francophones, il ya quand même un problème. Comment peut-on proposerdes nuitées à plus de 250 euros dans des établissements où tout fonctionne à l’à-peu-près ? C’est quand même un peu gonflé. Et le côté bon enfant, sympathique, ne suffit plus. Je ne citerai bien sûr aucun hôtel en particulier. Tous sont plus ou moins concernés. Mais comptez avec moi le nombre de fois où votre clim tombe en panne un soir, sans qu’aucun réparateur ne soit là avant le lendemain matin, où vous attendez un café en room service trois quarts d’heure, où l’on vous brûle un chemisier au pressing sans vous proposer d’indemnités, où personne n’est capable au restaurant de vous servir un plat en moins d’une demi-heure, etc. Il ne suffit pas de construire ou de restaurer de belles bâtisses, de proposer des chambres spacieuses. Il faut aussi créer des écoles d’hôtellerie et de restauration pour que le personnel soit à la hauteur des tarifs affichés par la direction ! Remarquez, par exemple, le nombre de serveurs agglutinés au bar ou à la sortie des cuisines, qui jamais ne regardent le client. Vous pouvez rester avecune cigarette qui se consume à la main, sans qu’aucun d’entre eux ne pense à vous apporter un cendrier. La lenteur avec laquelle on prend la commande, on sert, on apporte l’addition est parfois vertigineuse. Certes, on nous sourit beaucoup, on ouvre les portes,on dit « bonne arrivée » à chaque passage. Mais, à l’heure où l’Asie, l’île Maurice ou le Maroc savent proposer des services impeccables, l’Afrique de l’Ouest ou l’Afrique centrale font un peu figure de dernières de la classe. Pourquoi ? Le tourisme, d’affaires ou non, c’est du business. Il faut que ça fonctionne, quele client soit satisfait, qu’il choisisse de revenir l’année suivante. Il me semble que les pouvoirs publics chargés du secteur devraient être un peu plus exigeants, ainsi que les DG et autres chefs de rang. Ou alors, on se contentera de quelques bungalows crados en bord de plage, où des touristes désargentés viendront se détendre en tongs, à des prix super bas. Pourquoipas ? Là, on peut évidemment être moins regardant quant à la qualité des prestations. Mais c’est dommage que le secteur de l’hôtellerie de luxe en Afriquene soit pas davantage à la hauteur et continue à seridiculiser par rapport aux établissements de niveauégal (sur la grille tarifaire !) du reste du monde. D’autant qu’on sait que la tradition d’accueil est bien là, continentalement reconnue. Il faut juste ne pas s’encontenter et évoluer !
COMMENT PEUT-ON PROPOSER DES NUITÉES À PLUS DE 250 EUROS DANS DES HÔTELS OÙ TOUT FONCTIONNE À L’À-PEU-PRÈS ?
Par Emmanuelle PONTIÉ