Un souffle nouveau à Grand-Bassam
Dans l’ancien hôtel des Postes et Douanes, rénové sous la houlette des architectes Koffi & Diabaté, la Maison de l’Art marie patrimoine et création contemporaine.
Un musée que l'on visite autant pour l’histoire de son bâtiment que pour la sélection de ses oeuvres. Voilà une expérience culturelle particulièrement enrichissante.
La Maison de l’Art, inaugurée en mai 2025, offre avant tout une immersion dans l’ancien hôtel des Postes et Douanes. Il a été rénové avec soin et sens, dans le strict respect des normes patrimoniales, par le cabinet d’architectes de renom Koffi & Diabaté. On observe la beauté des persiennes depuis l’extérieur du bâtiment, souvenir d’un temps où la climatisation n’existait pas, où les lieux étaient rafraîchis par l’air qui y circulait aisément. Le mélange entre ces détails historiques et le choix d’habiller les luminaires de suspensions contemporaines en terre cuite de Bassam, signées Maison Kaolin, traduit la volonté de s’inscrire dans un patrimoine historique qui sait se conjuguer au présent.
Mais l’ambition dépasse le simple établissement muséal. On y découvre deux salles d’exposition permanente, une salle d’exposition temporaire, une résidence d’artistes avec atelier, un café-restaurant et des espaces de rencontres, de réunions et de co-working. Un chantier-école a même accueilli des étudiants en architecture et de l’INSAAC pendant les travaux la transmission fait partie du projet.
Le musée, dont la collection permanente se visite à l’étage, présente une sélection de la Fondation Société générale, qui a porté ce projet culturel, artistique, architectural et historique en partenariat avec l’État et le ministère de la Culture et de la Francophonie. L’exposition inaugurale, «Souffle», donne le ton: un renouveau artistique pour le pays, une renaissance pour Bassam.
Un sens de la préservation du patrimoine qui transpire aussi dans la curation des oeuvres. Les deux salles permettent de découvrir des artistes d’Afrique de l’Ouest, l’une rendant hommage aux maîtres, comme Pascal Konan, Ouattara Watts et Monné Bou, et l’autre ouvrant la voie à une jeunesse créative et singulière, avec notamment Joana Choumali, dont le mélange de broderies et de textiles donne corps à des histoires locales, et Tosin Kalejaye, avec son Taylor’s Corner, particulièrement saisissant par le regard de son personnage et la modernité de ses couleurs.
Après l’installation de nombreux artistes, designers, photographes et réalisateurs, Grand-Bassam, ancienne capitale coloniale classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2012, poursuit son projet de rénovation, et garde l’ambition d’être une ville phare pour l’art et la culture en Côte d’Ivoire.