Une épidémie à la propagation imprévisible
Fin juin, le bilan officiel était de 204 décès, mais les soignants alertent sur le faible taux de traçage des cas contacts, divisé par deux comparé à l'épidémie de 2018. Dix pays – la RDC, ses huit États frontaliers, ainsi que l'Éthiopie – seraient menacés.
Depuis 1976, la RDC (appelée Zaïre jusqu'en 1997) a enduré 17 épidémies d'Ebola. Fin juin, soit environ sept semaines après le déclenchement de cette nouvelle vague, le ministère de la Santé congolais confirmait 1 274 cas et 360 décès dans 26 « zones de santé » situées dans les provinces d'Ituri, du Haut-Uélé, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (le territoire est subdivisé en 519 zones de santé, couvrant chacune entre 100 000 et 150 000 habitants). De l'autre côté de la frontière, en Ouganda, 19 cas et un décès sont avérés. Mais les ONG estiment ce bilan largement sous-évalué en raison de l'instabilité de la région, où sévissent des groupes armés. En Ituri, il s'agit principalement des très mal nommées Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe islamiste ougandais lié à Daech, et, au Kivu, des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda. L'association Médecins sans frontières estime qu'en raison du contexte sécuritaire, « beaucoup de...