Une nature unique et si fragile
La Côte d'Ivoire abrite un patrimoine naturel d'une richesse exceptionnelle. Une mosaïque d'écosystèmes remarquables et fragiles.
La Côte d'Ivoire abrite un patrimoine naturel d'une richesse exceptionnelle. Une mosaïque d'écosystèmes remarquables et fragiles : forêts denses et humides du sud, savanes arborées du nord, mangroves littorales et vastes systèmes lagunaires bordant les 550 kilomètres de côte atlantique. Cette diversité fait du pays l'un des réservoirs de biodiversité les plus précieux du continent. Ses fleuves – le Bandama, le Sassandra, le Comoé, le Cavally – dessinent des bassins nourriciers essentiels à la vie et à l'agriculture. Le parc national de Taï, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, constitue l'un des derniers massifs de forêt primaire d'Afrique occidentale. Le parc national de la Comoé, également inscrit à l'Unesco, offre sur ses vastes savanes un refuge à une faune spectaculaire. Le mont Nimba, le parc national d'Azagny et la réserve de N'Zo complètent ce réseau d'aires protégées, qui témoigne d'un potentiel écologique immense.
Mais ce patrimoine doit aujourd'hui être sauvegardé. En quelques décennies, la Côte d'Ivoire a perdu l'écrasante majorité de sa couverture forestière : d'environ 16 millions d'hectares au début du xxe siècle, la forêt ne couvre plus qu'une fraction de cette superficie. La déforestation, alimentée par l'expansion agricole, menace directement les équilibres naturels. L'orpaillage dégrade la qualité de l'eau des rivières. La pression démographique et l'urbanisation pèsent sur les côtes du pays. Et le dérèglement climatique n'est plus une abstraction : la pluviométrie a reculé de 13 % depuis les années 1980, la température a gagné 0,8 °C, l'érosion côtière s'accélère…
C'est précisément l'un des chantiers du plan national de développement 2026-2030. Le pays s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 28 % d'ici à 2030 – jusqu'à 36 % avec un appui extérieur –, au titre de l'Accord de Paris, et à porter la part des énergies renouvelables à 16 % de son mix électrique. Protéger le patrimoine naturel devient ainsi un pilier de la sécurité alimentaire, de la résilience climatique et de l'héritage transmis aux générations futures.