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Une renaissance africaine

Par Peter.DACOSTA
Publié le 19 décembre 2012 à 12h12
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MES PARENTS SONT ORIGINAIRES DE DEUX PAYS AFRICAINS DIFFÉRENTS, la Gambie et le Ghana, et j’ai grandi en passant d’un environnement à un autre. En tant que communicant, spécialiste du développement et stratège politique, j’ai passé ma carrière professionnelle à chercher à comprendre ce qui motive les gens, à apprendre comment galvaniser les individus et les communautés pour qu’ils deviennent des agents actifs de la transformation de leurs sociétés.

L’heure africaine est venue. De nombreux pays maintiennent des taux de croissance économique impressionnants. Les prix des matières premières sont historiquement élevés, fournissant des flux réguliers de recettes aux États qui ont la chance d’avoir des ressources naturelles. De nouvelles découvertes de pétrole, de gaz et d’autres minéraux annoncent une période de prospérité sans précédent. On parle de l’émergence d’une « classe moyenne africaine ». Plus de pays choisissent la paix plutôt que la confrontation.

Nos relations avec le monde changent également. Nos anciens colonisateurs, supplantés par les nouveaux partenaires, arrivistes, de l’hémisphère Sud qui veulent une part du gâteau, revoient à la baisse leurs politiques d’aide extérieure. L’Afrique s’adapte à cette éventualité. Nous sommes enfin conscients de la possibilité d’une « renaissance africaine ». Il suffit que nous saisissions l’instant. Malheureusement, la route est encore longue. Nous avons accès à la téléphonie mobile et à Internet, mais le fossé entre les riches et les pauvres s’élargit. Plus d’enfants sont scolarisés, mais la mauvaise qualité de l’apprentissage les forme à peine à un emploi futur. Des millions de personnes décèdent encore inutilement de maladies que l’on pourrait facilement traiter. De nouvelles lignes de fracture s’ouvrent quand d’anciens conflits sont réglés. Et le déficit de leadership saute aux yeux.

Chez l’Africa Progress Panel, nous appelons cela un « bilan mitigé ». Notre groupe, composé d’éminents Africains et non-Africains, est présidé par Kofi Annan, l’ancien secrétaire général des Nations unies. Il met son influence morale et politique au service de la défense d’un développement équitable et durable de notre continent. Les participants n’ont pas peur de se positionner sur des questions politiques sensibles ou insuffisamment soulignées. Ils relayent avec force les demandes issues de nos 54 pays dans les forums mondiaux et disent la vérité sur leurs structures de pouvoir.

Depuis Nairobi, j’apporte un soutien stratégique au Panel. J’aide à faciliter les partenariats qui ont le potentiel de mener à bien les transformations escomptées. Au bout du compte, le progrès en Afrique ne peut que résulter des idées et des fortes intuitions de ses pays. Pour saisir l’instant, nous devons penser et agir de manière stratégique, à tout moment. Contribuer à cet objectif, même modestement, c’est ce qui me motive.

Par Peter Da COSTA "Ancien journaliste, ancien conseiller de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies, aujourd’hui conseiller en communication et en politiques de développement de l’Africa Progress Panel. www.africaprogresspanel.org"