Une souveraineté hors d’atteinte ?
L’actuel conflit en Iran – comme le Covid-19 en 2020-2021 et la guerre en Ukraine en 2022 – bouleverse les flux commerciaux et alimente l’inflation. En parallèle, les importations de céréales ne cessent d’augmenter. Des déséquilibres à la fois conjoncturels et chroniques, qui soulignent une nouvelle fois la vulnérabilité et la dépendance alimentaire du continent.
Dès les premières frappes américaines et israéliennes sur Téhéran, samedi 28 février, les autorités iraniennes ont entravé la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. Ce goulot d’environ 50 km de large, entre le golfe Persique et l’océan Indien, voit transiter une part substantielle de la production de gaz et de pétrole, mais aussi un tiers des exportations mondiales d’engrais. Début mars, le prix de la tonne d’engrais a mécaniquement grimpé de 130 dollars: agriculteurs et consommateurs du monde entier vont donc subir les répercussions du conflit en Iran, dont les impacts économiques pourraient s’avérer encore plus dévastateurs que ceux subis lors des premiers mois de la guerre en Ukraine. Après la paralysie des flux commerciaux provoquée par la pandémie de Covid en 2020, puis l’inflation engendrée en 2022 par la guerre entre la Russie et l’Ukraine, l’Afrique est confrontée à un troisième choc exogène en...