Uranium : un enjeu africain
LA RUÉE VERS L’URANIUM AFRICAIN entraîne actuellement dans son sillage une « horde d’investisseurs ». Ce commentaire de la presse canadienne faisait écho aux ambitions nucléaires civiles récemment dévoilées par les grands pays émergents. On savait déjà que le programme nucléaire civil chinois était très gourmand, avec des objectifs de 40 gigawatts, voire 70, d’ici à 2020, contre 9 à la fin de 2008. La Chine exploite aujourd’hui onze réacteurs. Dix-sept sont en construction et cent vingt-quatre en projet. D’après l’Association nucléaire mondiale, la Chine sera le deuxième pays consommateur d’uranium en 2030, derrière les États-Unis. À condition de trouver le précieux « carburant », environ 20 000 tonnes annuelles, pour nourrir ses centrales. À ce stade, personne ne connaît l’étendue des réserves chinoises. On sait en revanche les appétits de ses compagnies d’énergie, China Guangdong Nuclear Power Corp. (CGNPC) ou la Compagnie nucléaire nationale chinoise (CNNC), qui chassent l’uranium, comme tout le monde ou presque, tous azimuts : Kazakhstan, Ouzbekistan, Australie, Mongolie, Namibie, Niger… Les toutes nouvelles déclarations de l’Inde, qui a annoncé de son côté vouloir se doter d’une capacité énergétique nucléaire de 40 gigawatts d’ici à 2035, pèsent aussi très lourd sur le secteur. New Delhi a...