novembre 2019
C’EST COMMENT ?

Vive les animaux !

Par Emmanuelle Pontié
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C’est vrai, en Afrique, les animaux, on s’en bat un peu les bretelles…
On a assez de soucis majeurs à gérer sur des terres arides, où manger chaque jour, se soigner, trouver un travail et des sous occupe 100 % du cerveau. On doit se battre contre les crises économiques, le terrorisme, la mal gouvernance, l’injustice, l’absence d’infrastructures, d’eau, d’électricité, et j’en passe. Mais en cette période de villégiature, où certains d’entre vous (surtout des touristes, oui, on sait…) auront peut-être envie de choisir une réserve animale à visiter ou un parc naturel, plein de nouvelles positives (eh oui, ça
change !) sont à signaler.
Les effets du programme efficace du Gabon pour la préservation de sa natureet de sa faune commencent à se sentir concrètement. Les éléphants des forêts batifolent dans le parc national d’Ivindo et sa nature vierge, et peu à peu, la courbe du braconnage, plutôt en violente hausse il y a une dizaine d’années, commence à s’inverser. La protection des océans porte aussi
ses fruits, et les baleines sont en paix du côté de Loango.
Au Mozambique, la première année sans tuerie d’éléphants vient de s’écouler, là où 5 000 d’entre eux avaient été abattus pour leurs défenses en ivoire au cours des dix dernières années, à l’époque où de tels actes n’étaient même pas considérés comme un délit par la loi.
Il semble que la politique pionnière du Rwanda en matière de protection de la faune ait fait des petits ailleurs. Ses gorilles à dos argentés, superstars des montagnes, sont ici dans un paradis depuis pas mal de temps. Aller à leur rencontre génère d’énormes revenus pour le pays, qui vient d’augmenter le prix de la visite, passant de 750 dollars à 1 500 dollars. Résultat, les grands singes et leur famille, y compris leurs cousins qui affluent de la RD Congo voisine, où ils sont encore massacrés pour que leurs mains finissent en cendriers, rapportent quand même 440 millions de dollars par an à l’État.
Pour comparaison, la Tanzanie, plus au sud, championne toutes catégories du safari-photo animalier, engrange 2 milliards de dollars par an grâce à sa richesse zoologique. Dans tous ces pays, le braconnage a cessé depuis longtemps, grâce à une volonté politique affichée.
Ailleurs, au fil des programmes de développement durable, de tel projet vert ou bleu, de préservation de l’écosystème ou de la biodiversité, les animaux sauvages voient peu à peu leurs conditions de vie s’améliorer. Et c’est cool. Ce qui est cool aussi, c’est qu’audelà de la préservation de la nature, indispensable pour le bien-être de l’homme dans les années à venir, les parcs et réserves naturelles, lorsqu’ils sont parfaitement entretenus et gérés, attirent des devises. Donc, pendant ces vacances, pour les Africains qui en prennent et qui ont les moyens, profitez-en pour aller photographier un éléphant, un gorille ou même un pangolin. Vous ferez fructifier votre précieux patrimoine. Celui dont vous pouvez être fier.
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