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Voilà les nouvelles générations!

Aziz Doumbia

Par Jihane Zorkot
Publié le 20 février 2026 à 10h27
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NABIL ZORKOT
NABIL ZORKOT

Âge: 34 ans
Entreprise: Dozo
Fonction: directeur général
Secteur d’activité: production et distribution
Année de création: 2018
Nombre d’employés: 5
Ville: Abidjan

Chez Aziz Doumbia, le goût de créer s’est imposé très tôt, presque naturellement. «À 13 ans, j’avais un groupe de rap et on gagnait notre vie avec notre musique», raconte-t-il. 
Ce premier succès précoce façonne son rapport à la liberté, au travail et à la prise de risques. Après des études de commerce à Paris, il s’oriente vite vers l’entrepreneuriat. «J’ai très peu travaillé en entreprise, j’ai toujours vécu de mes projets. Je suis un entrepreneur bohème», résume-t-il en un sourire. En 2018, il crée Dozo, un concept store devenu en quelques années l’une des adresses emblématiques de la scène créative abidjanaise. Le lieu rassemble vêtements, bijoux, œuvres d’art, cosmétiques et pièces de designers soigneusement sélectionnés. 

Rien n’est laissé au hasard. «On passe énormément de temps sur la curation. Notre mission, c’est d’offrir aux personnes exigeantes en matière de style des pièces uniques et responsables, ici même, à Abidjan.» Dans le même temps, d’autres marques et initiatives, comme celles de La Sunday, Olooh Concept, Lafalaise Dion ou Obou, commencent à gagner en visibilité internationale. Pour Aziz, cette effervescence est une chance, mais elle pose aussi une question: comment transformer ces succès individuels en une véritable industrie? Dozo apporte un début de réponse. Le shop permet à une trentaine de marques de générer des revenus réguliers, parfois depuis l’ouverture. 

«Le secteur est fragile, alors on protège nos partenaires», insiste-t-il. Les défis sont nombreux: structurer un marché encore jeune, anticiper l’arrivée des grandes franchises, préparer l’expansion sans perdre l’âme du projet. «Notre ambition est ouest-africaine, mais nous devons d’abord être irréprochables localement.» Aux jeunes, il conseille souvent la même chose: ne pas remettre indéfiniment au lendemain l’envie d’essayer, accepter l’erreur comme une étape, avancer vite sans brûler les étapes. Quant à l’avenir, il le voit comme un déploiement progressif: un réseau de boutiques, une «maison» africaine construite pas à pas. Dozo est plus qu’une enseigne. C’est un laboratoire où se dessine une nouvelle manière de consommer, de créer et de porter le continent.