Croissance interne pour les hydrocarbures
10% des réserves mondiales (Nigeria, Libye, Angola, Algérie, Égypte, etc.). Malgré la transition énergétique, la demande de produits pétroliers devrait croître en Afrique, boostée par l’explosion démographique.
Avec 6,73 Millions de barils par jour, l’Afrique assure environ 6,4% de la production mondiale de pétrole l’équivalent de 71% de la production de la seule Arabie saoudite. Cinq pays Nigeria, Libye, Angola, Algérie, Égypte cumulent les trois quarts de la production continentale, mais de nouveaux acteurs sont en passe d’émerger: le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Tanzanie. Le pétrole a-t-il encore un avenir dans un monde en pleine transition énergétique, qui tourne globalement le dos aux énergies fossiles? En Afrique, la réponse est oui. Selon la Chambre africaine de l’énergie (AEC), la demande de pétrole sur le continent devrait croître considérablement d’ici à 2050, passant en vingt-cinq ans de 4 à 6 millions de barils par jour, sous les effets conjugués de la croissance démographique et de l’activité économique.
Pour les producteurs africains d’or noir, le défi majeur consiste à raffiner les produits pétroliers sur place, afin de répondre aux besoins de la population en carburant. Exportatrice de pétrole brut, l’Afrique importe encore, faute de capacités de raffinage suffisantes, la majeure partie de son carburant. En finir avec cette dépendance énergétique, attentatoire à la souveraineté des nations africaines depuis les indépendances, est devenu une priorité. C’est tout l’enjeu de la mégaraffinerie du groupe Dangote, érigée près de Lagos et inaugurée en 2024 [voir AM 458]. Plus grande raffinerie du continent, avec une capacité de 650000 barils parjour, elle entend porter ses capacités à 1,4 million de barils ce qui ferait d’elle la plus importante raffinerie du monde. Le Nigeria, qui consacrait plus de 7 milliards d’euros chaque année aux importations de carburant, a grâce à elle pu les réduire de 42% en 2025. L’AEC évalue néanmoins à 20 milliards de dollars les investissements nécessaires d’ici à 2050 afin de raffiner le pétrole du continent au bénéfice des économies africaines.