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Ce que j'ai appris

Denise Epoté
notre amie TV5

Par Astrid Krivian - Publié en juillet 2022
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« Les femmes sont l’avenir du continent. L’Afrique leur doit tout. ».CH. CARTIGE/CL2P
« Les femmes sont l’avenir du continent. L’Afrique leur doit tout. ».CH. CARTIGE/CL2P

La Camerounaise a longtemps été à la tête de TV5 Monde Afrique (depuis 1998). Désormais directrice marketing de la chaîne francophone sur les cinq continents, l’ex-présentatrice du journal se veut toujours journaliste et engagée. 

J’ai grandi entre le Cameroun, où je suis née, et la France, à la faveur des affectations de mon papa, qui était contrôleur des finances. Scolarisée en primaire dans l’Hexagone, j’ai poursuivi mes études secondaires et une partie des supérieures dans mon pays natal, puis au Canada. Cette vie m’a appris l’ouverture, la tolérance, l’écoute des autres, l’humilité, la patience.

J’écoutais beaucoup la radio, j’étais fascinée par les voix de certaines animatrices. Comme on disait à l’époque, je voulais être dans le poste ! Mes parents souhaitaient que je devienne avocate, alors j’ai étudié le droit. Puis, à leur insu, j’ai passé le concours de l’École supérieure internationale de journalisme, à Yaoundé. Ils ont appris dans la presse que j’étais la seule femme admise à ce concours ! Ainsi, ils ont accepté que j’embrasse cette carrière.

J’ai commencé à travailler à Radio Cameroun. Puis, je suis devenue la première journaliste télé, sur la chaîne Cameroon Television (CTV), lancée en 1985. Je présentais le journal de 20 h 30 en français. J’étais devenue le visage du petit écran, les téléspectateurs ainsi que mes responsables me manifestaient beaucoup d’estime et de bienveillance. Ce n’était pas la course à l’info, contrairement à aujourd’hui. On prenait le temps de raconter des histoires. Et il n’y avait pas cette concurrence entre médias. CTV était même suivie au Tchad.

J’ai eu l’honneur et le privilège d’interviewer des personnalités comme Lady Di ou Helmut Kohl, le chancelier allemand de l’époque – la télévision camerounaise ayant été financée par la coopération allemande. Ce sont des souvenirs marquants. Quand on est jeune, on ne réalise pas vraiment. Avec le recul, je me rends compte que mes patrons me témoignaient une grande confiance.

En 1994, j’ai rejoint la chaîne de la francophonie TV5 Monde, d’abord en tant que responsable des programmes au sein de la direction Afrique. Puis, j’ai été nommée à la tête de celle-ci pendant vingt-trois ans. Depuis janvier 2022, je supervise la distribution, le marketing et la commercialisation sur les cinq continents. TV5 Monde est diffusée dans 211 pays, dont 88 membres de la francophonie. Ma casquette de journaliste (mon émission Et si… vous me disiez toute la vérité, mes missions à l’étranger…) me permet de rester connectée à l’actualité, à la réalité, aux attentes des téléspectateurs. On construit une information avec les acteurs du terrain.

Connectées, les jeunesses africaines ont soif de liberté, d’indépendance. Elles ne rêvent plus à la fonction publique, comme c’était le cas dans le passé. Aujourd’hui, les jeunes veulent entreprendre, monter une start-up. Ils fourmillent d’idées, d’énergie. Rien ne les arrête ! Cette jeunesse bouillonnante me réconforte : elle est le moteur du continent. Elle n’attend rien de personne et se prend en charge. Je suis vraiment admirative du dynamisme et de la créativité des jeunes femmes. Elles sont l’avenir du continent. Elles prennent leur vie en main et concrétisent leurs idées, dans un contexte où tout est à faire, à inventer. L’Afrique doit tout aux femmes. Il faudrait qu’elles aient le pouvoir politique pour que les choses changent… Elles finiront par l’obtenir.

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