Des terres à valoriser, un modèle agricole à repenser
Le continent détient deux tiers des terres arables non exploitées, mais doit pourtant importer chaque année 100 millions de tonnes de produits agricoles.
Ce n'est pas le moindre des paradoxes africains: 60 à 65% des terres arables non cultivées se trouvent sur le continent, selon les estimations de la Banque mondiale et de la FAO. Or, la demande mondiale en produits agricoles devrait doubler d’ici à 2050 en raison de la croissance démographique. Compte tenu de son potentiel arable, l’Afrique devrait donc devenir stratégique pour l’agro-industrie mondiale. Pourtant, le continent demeure dépendant des importations alimentaires (100 millions de tonnes par an). L’Afrique subsaharienne a notamment importé l’an dernier 30 millions de tonnes de blé et 22 millions de tonnes de riz. La hausse constante de la consommation de blé en Afrique s’explique parla croissance démographique, l’urbanisation et les changements d’habitudes alimentaires. Pourtant, la part de la population sous-alimentée équivaut toujours à environ 20%… Cette dépendance aux importations s’avère périlleuse en cas de chocs exogènes, comme ce fut le cas lors de la pandémie, en 2020, ou pendant les premiers mois de la guerre en Ukraine, en 2022. Atteindre la souveraineté alimentaire requiert un changement de paradigme, avec le développement de...