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Future

Éolien: la puissance insoupçonnée du vent

Par Cédric Gouverneur
Publié le 13 mars 2026 à 08h52
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11% du potentiel mondial, notamment en Algérie, en Mauritanie, en Namibie.

Le potentiel technique éolien du continent est considérable. Il est en effet estimé par le Conseil mondial de l’énergie éolienne (GWEC) à 59000 gigawatts, distribués dans 27 pays du continent, ce qui représente 90 fois la capacité éolienne mondiale installée. L’Algérie dispose d’un potentiel théorique (7700 GW) équivalant à onze fois la capacité mondiale actuellement installée. L’Afrique n’exploite encore que 0,01% de ce potentiel, bien que les progrès soient notables : environ 9 GW aujourd’hui, contre 6,5 GW en 2020. L’Égypte, qui espère atteindre 42% d’énergies renouvelables dans son mix énergétique en 2030, vient ainsi d’ériger en un temps record deux gigantesques fermes éoliennes, Ras Ghareb Wind Energy (500 MW) et Red Sea Wind Energy (650 MW), capables d’alimenter en électricité près de 2 millions de foyers. Les performances des éoliennes du continent sont prometteuses : au Kenya, le parc éolien du lac Turkana (310 MW) et celui de Kipeto (100 MW) affichent un facteur de charge moyen de 50à58%, contre seulement 30 à 45% pour des parcs éoliens terrestres équivalents situés en Europe. Parallèlement aux mégaprojets, de nombreuses entreprises s’équipent d’éoliennes pour s’alimenter en électricité, notamment en Afrique du Sud.

La faiblesse des investissements dans le secteur explique le lent décollage de cette énergie propre sur le continent. Comme dans le cas du solaire, l’ambition est désormais de fabriquer des éoliennes en Afrique, plutôt que d’importer des équipements européens ou chinois. L’Égypte a récemment conclu à cet effet un accord de transfert de technologie avec la Chine. Par ailleurs, l’Afrique du Sud, grâce à un programme ambitieux de rachat de l’électricité éolienne, le REIPPP, a pu créer pas moins de 86000 emplois en un an dans ce secteur.