La force des fleuves africains pourrait bénéficier à tous
12% du potentiel mondial en hydroélectricité, dans un monde qui a besoin d’énergie propre.
La planète devrait développer 850 gigawatts (GW) de capacités hydroélectriques supplémentaires d’ici à 2050 pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et freiner le réchauffement climatique. Et l’Afrique, qui dispose à elle seule d’un potentiel hydroélectrique de 474 GW (soit 12% des ressources mondiales), pourrait fournir plus de la moitié de ces besoins. Le continent n’exploite cependant que 10% de cette ressource, principalement en Éthiopie, en Angola, en Afrique du Sud, en RDC et en Zambie. Les capacités installées 47,2 GW, soit 43,5 GW pour les barrages et 3,7 GW pour les stations de transfert d’énergie par pompage, STEP , qui représentent un cinquième du mix énergétique du continent, demeurent largement inférieures à celles de l’Europe (250 GW) et de l’Asie (650 GW). Plus important barrage du continent, le grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), d’une puissance de 5300 mégawatts (MW), est quatre fois moins imposant que le gigantesque barrage chinois des Trois-Gorges, de 22500 MW. Selon l’Association internationale de l’hydroélectricité (IHA), de nombreux projets de barrages africains, d’une puissance potentielle cumulée de 63 GW, restent dans les limbes en raison de la frilosité des investisseurs. C’est notamment le cas du projet Grand Inga, en RDC, qui ne cesse d’être repoussé. Le GERD éthiopien pourrait inspirer les concepteurs d’ouvrages hydroélectriques: l’Éthiopie, boudée par les institutions multilatérales, qui redoutaient non sans quelques raisons – que ce barrage sur le Nil Bleu n’avive les tensions régionales, a choisi de largement faire appel aux souscriptions de sa population. Cette alternative a en partie permis de financer ce mégaprojet national tout en y impliquant les 130 millions de citoyens, dont 45% sont dépourvus d’électricité.