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Future

Le gaz, énergie vitale de transition

Publié le 13 mars 2026 à 09h26
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13% des réserves (Nigeria, Algérie, Égypte, Mozambique, Sénégal, etc.). La production et la consommation devraient fortement augmenter d’ici à 2050.

La part Africaine dans la production mondiale de gaz naturel, évaluée à 7% aujourd’hui (10% pour le gaz naturel liquéfié), devrait atteindre 9% en 2035. Le continent est sur ce marché un acteur relativement modeste, mais incontournable: l’Union européenne, qui depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 s’efforce de se passer du gaz russe, cherche à présent à s’affranchir du gaz de schiste des États-Unis de Trump… Mais le principal débouché du gaz africain se trouve sur le continent: la demande en gaz naturel devrait en effet croître d’environ 3% chaque année d’ici à 2050, alors qu’elle tend à diminuer en Europe et en Amérique du Nord. Selon le Forum des pays exportateurs de gaz, la demande africaine devrait être de 385 milliards de mètres cubes en 2050, contre 170 en 2023. Elle sera boostée par l’explosion démographique, l’urbanisation, l’industrialisation (pétrochimie, engrais), les nouveaux modes de cuisson (en substitution de la biomasse, facteur de déforestation et de pollution domestique), et surtout l’électrification, responsable des deux tiers de cette croissance: le gaz remplacera peu à peu les centrales à charbon, qui émettent deux fois plus de CO2 , tout en sécurisantles réseaux d’électricité face à l’intermittence des énergies éolienne et solaire. La part du gaz dans le mix énergétique continental devrait passer de 16 à 21%. Au total, la production africaine devrait dépasser les 500 milliards de mètres cubes en 2050, soit deux fois plus qu’en 2023, du fait de l’exploitation des gisements au Nigeria (127 milliards de mètres cubes en 2050), au Mozambique (95 milliards), en Tanzanie, au Sénégal et en Mauritanie (gisement de Grand Tortue Ahmeyim). Le Mozambique, via l’exploitation des gisements de Cabo Delgado, pourrait devenir d’ici à 2030 l’un des plus importants exportateurs au monde, avec un taux de croissance économique autour de 10%. Le principal défi demeure la conciliation entre développement économique et préservation environnementale: en Ouganda et en Tanzanie, les projets d’extraction sont vivement contestés par les défenseurs de l’environnement.