Les minerais critiques: carburant de la transition énergétique
30% des réserves mondiales (RDC, Zambie, Gabon, Afrique du Sud, Madagascar, etc.). Une transformation industrielle sur le sol africain est impérative.
C'est parce qu'ils sont présents dans le sous-sol d’un nombre restreint de pays, dont la Chine, qu’ils sont dits «critiques»: leur approvisionnement comporte un risque de rupture. Beaucoup sont utilisés dans les batteries de véhicules électriques et les panneaux solaires. La demande mondiale de nickel et de graphite devrait doubler d’ici à 2040, tandis que celle de cobalt augmenterait de 60% et celle de cuivre de 30%. Or, l’Afrique dispose d’environ 30% des réserves connues de minerais critiques: 55% des gisements mondiaux de cobalt, 47,6% de manganèse, 21% de graphite, 5,9% de cuivre, 5,6% de nickel… Et ces chiffres seraient en deçà des réserves réelles, faute d’inventaire géologique à jour. Les États-Unis considèrent désormais également comme «critique» le phosphate, nécessaire à la fabrication d’engrais, dont le Maroc détient 72% des réserves planétaires. L’objectif pour le continent est de valoriser ces minerais sur place, afin de ne pas perpétuer ni le piège colonial le pillage des ressources ni l’iniquité postcoloniale l’exportation des ressources et leur retour sous forme de produits importés.
La plupart des pays africains producteurs limitent ainsi l’exportation brute: le Gabon a interdit la sortie du manganèse à partir de 2029, ce délai devant permettre d’ériger des usines de transformation. L’exploitation du phosphate marocain, à travers le groupe OCP et son écosystème, pourrait incarner un certain modèle d’industrialisation endogène. Le G20, présidé en 2025 par l’Afrique du Sud pays qui détient 70% des réserves de chrome et de manganèse, et plus de 80% de platine , a établi en septembre un «Nouveau cadre pour les minerais critiques», qui prévoit un inventaire des ressources géologiques et établit de nouvelles règles, cherchant à garantir la transformation des minerais dès leur extraction, tout en protégeant les populations comme l’environnement.