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Interview

Maïmouna Coulibaly
Répond aux 20 questions

Par Astrid Krivian - Publié en avril 2022
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​Mainouma Coulibaly. SEVERIN MESSENBRINK
Maïmouna Coulibaly. SEVERIN MESSENBRINK

​​​​​​​​​​​​​​La danse et le théâtre sont pour elle des actes de résilience. La danseuse, chorégraphe et actrice signe Je me relève, récit poignant et inspirant de son parcours, qu’elle adapte aussi sur scène.

​​​​​​​1 Votre objet fétiche ?

Une chaîne en or offerte par ma mère.

2 Votre voyage favori ?

Le Mississippi. L’africanité, les ressemblances avec le Mali m’ont frappée. J’ai eu le sentiment de retrouver des ancêtres.

3 Le dernier voyage que vous avez fait ?

Paris. Je vis à Berlin. J’y ai trouvé la place pour développer mon talent en tant qu’artiste indépendante, qui ne rentre pas dans les codes.

4 Ce que vous emportez toujours avec vous ?

Mon sac à main.

5 Un morceau de musique ?

« Respect » d’Aretha Franklin. Chanté divinement par cette artiste extraordinaire, le respect est une valeur essentielle, la base des rapports humains.

6 Un livre sur une île déserte ?

Sula, de Toni Morrison, que j’ai mis en scène. L’écrivaine a posé des mots sur l’Afrique de mes parents, que j’ai retrouvée et ressentie de façon très puissante.

7 Un film inoubliable ?

Toute la filmographie de Spike Lee jusqu’à Malcolm X. Superbe !

​​​​​​​8 Votre mot favori ?

Une expression : « Bouge tes fesses ! » J’ai développé la booty therapy : à partir de danses afro-urbaines, on shake notre derrière pour faire remonter nos énergies, réveiller notre puissance. Loin de cette image réductrice sexuelle et vulgaire.

​​​​​​​9 Prodigue ou économe ?

Prodigue. J’aime aller au resto, me faire plaisir, ainsi qu’à mes proches.

10 De jour ou de nuit ?

De nuit. J’ai écrit mon livre en me levant vers 3 heures du matin.

11 Twitter, Facebook, e-mail, coup de fil ou lettre ?

WhatsApp, et aussi Facebook et Instagram. Mais les lettres me manquent.

12 Votre truc pour penser à autre chose, tout oublier ?

Danser. Quand je danse, je vole !

13 Votre extravagance favorite ?

M’habiller totalement en rouge pendant quinze ans. Une façon symbolique de retourner la douleur et les violences infligées. Plutôt que de les subir, je préférais les porter pour exister.

14 Ce que vous rêviez d’être quand vous étiez enfant ?

Ce que je suis ! Vivre de mes arts – danse, écriture, théâtre. Et inspirer les autres, à travers mes cours, mon livre.

15 La dernière rencontre qui vous a marquée ?

Mon éditrice, Camille Emmanuelle. Elle m’a fait confiance et laissé une grande liberté dans l’écriture.

16 Ce à quoi vous êtes incapable de résister ?

L’appel de la danse, et un bon verre de vin blanc !

17 Votre plus beau souvenir ?

Les naissances de mes filles. Et les grossesses. Les gens me respectaient, je n’étais plus la femme noire de banlieue.

18 L’endroit où vous aimeriez vivre ?

Il y en a trop ! Je suis une nomade. Mais un jour, j’aimerais m’installer en Afrique.

19 Votre plus belle déclaration d’amour ?

Quand ma fille de 11 ans m’a dit : « Maman, merci de m’avoir accouchée ! »

20 Ce que vous aimeriez que l’on retienne de vous au siècle prochain ?

Que j’ai fait bouger les fesses du monde entier [rires] !

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