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Parcours

Omar Mahfoudi
Le dessin grand format

Par Fouzia Marouf - Publié en avril 2022
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Omar Mahfoudi. AMMAR ABD RABBO
Omar Mahfoudi. AMMAR ABD RABBO

COLORISTE, CET ENFANT DE TANGER ravive la nature dans son oeuvre poétique. Il participe en avril à la foire d’art contemporain africain 1-54, à Paris, pour la galerie Afikaris, qui promeut les artistes émergents du continent.

Sourire en bannière, il se promène entre les colonnes ivoire de la galerie parisienne Afikaris. Omar Mahfoudi allie la singularité du dessin à l’effusion de la couleur : ses silhouettes singulières, auréolées de doré, ses reliefs pastel sont autant de signes qui constellent ses toiles monumentales de la série Golden Painting et le connectent à sa mémoire ancestrale et à sa ville natale, Tanger, terre de brassage, d’errance et d’exil. Né en 1981 dans la mythique cité du détroit, il grandit entouré du souvenir vivace de la Beat Generation : « La maison de mes parents se trouvait en face de celle de Barbara Hutton, près de celle de Paul Bowles. Et comme nombre de Marocains, j’ai été profondément marqué par Mohamed Choukri, avec lequel je discutais souvent, adolescent. Tanger était une ville internationale qui nous fascinait tous. J’y ai fait d’incroyables rencontres artistiques, ne connaissant pas l’Europe », se souvient-il. Enfant touche-à-tout, habile de ses mains, il transforme tous les objets en jouets. « J’ai grandi dans la kasbah, en passant mon temps à dessiner, à faire le portrait de mes amis. À l’époque, nous avions une chaîne de télé espagnole en plus de la chaîne marocaine nationale. Influencé par la culture manga, je reproduisais mes héros de dessins animés sur du carton que je peignais. » Son destin semble tout tracé. Passionné, curieux, il incarne la nouvelle école et participe activement à l’efflorescence de la jeune scène du Nord marocain, où nombre de plasticiens se sont succédé, en quête de la bonne lumière à Asilah ou à Tétouan, qui abrite l’emblématique Institut national des beaux-arts.

Omar Mahfoudi se consacre définitivement à son art : « J’avais conscience d’être au coeur d’un lieu emblématique, où avaient vécu Matisse, Bacon. Je passais d’atelier en atelier, avant le boom économique, nourri par une mixité et un héritage culturels très présents. Je peignais au contact d’une vitalité et d’une émulation constantes », indique-t-il. Rebelle, revêche, la région est ainsi aux prises avec les mouvements de contestation depuis 2011. En 2015, il participe au group show Désordre, présenté à la galerie Delacroix, à l’Institut français de Tanger. Dans sa série de grands formats consacrés à des figures militaires, il dépeint la chute de dictateurs vieillissants : « Je me suis inspiré de Moubarak et de Kadhafi afin de dénoncer la symbolique de la répression. C’était aussi un prétexte pour aborder l’abstrait, qui traverse encore mon oeuvre aujourd’hui. »

En quête d’un ailleurs, l’âme voyageuse, en 2012, il passe par les États-Unis : « Cela m’a mené au septième art. New York me fascinait pour le Nouvel Hollywood, mais la ville était trop froide et urbaine, j’étais heureux de retourner au Maroc », confie-t-il. Arrivé à Paris en 2016, il intègre la galerie Afikaris en y exposant en 2020 un travail renvoyant à l’après-confinement, « Quitter la ville » : « J’ai découvert cet espace à 1-54 Marrakech, en 2019. Nous grandissons ensemble, entre écoute et observation. » Depuis, il a présenté en 2021, à la foire 1-54 London, des oeuvres de son exposition « El Dorado », inspirée par la peinture italienne du Moyen-Âge. Et en 2023, il exposera à la galerie L’Atelier 21, à Casablanca, dans un solo show. Ses nouveaux travaux, qui font écho à la poésie de la nature, et leurs variations et explosions de couleurs seront exposés du 7 au 10 avril à 1-54 Paris, avec la galerie Afikaris.

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